Vers une stratégie nationale inclusive de sécurité globale

« Repenser le concept de la sécurité globale en Tunisie, en cette phase transitoire», tel était la ligne directrice d’un forum organisé par l’Association tunisienne des études stratégiques et des politiques de sécurité globale et la Konrad-Adenauer-Stiftung. Samedi, 20 janvier, experts et professeurs émérites tunisiens et étrangers ont donc débattu tout au long de la journée de ce thème, en commençant par définir le concept.

La sécurité globale est la capacité d’un Etat à assurer à l’ensemble de ses citoyens  un niveau minimum de sécurité face aux menaces  et à permettre la pérennité des activités collectives, la protection des hommes et des infrastructures. Partant de cette définition, Nasr Ben Soltana, le président de l’association organisatrice de l’évènement a exposé l’évolution de ce concept en Tunisie, depuis le temps des Carthaginois, jusqu’à l’ère contemporaine, en passant par toutes les dynasties ayant gouverné le pays. Selon lui, le concept  a été le corollaire de la position géostratégique du pays; de la sécurité globale avant-gardiste et forte de Carthage, les Tunisiens de l’ère moderne ont fini, selon lui, par suivre une politique faible et trop défensive de sécurité.

D’un autre avis, les représentants de l’armée nationale ont exposé une autre vision des choses. Pour le colonel major Foued Aloui, la politique de sécurité globale en Tunisie est pertinente. Elle repose principalement sur la défense diplomatique, plutôt que sur la défense militaire. Un choix qui, selon ce militaire, directeur de l’Institut de la défense nationale, ne diminue en aucun cas, la valeur et la compétence des forces armées. « Nous avons une armée professionnelle! » a assuré dans la même veine le colonel major Jamel Boujeh. « Le service national a deux volets, le service militaire et le service civil et nous avons trois niveaux d’unités de réservistes qui sont bien instruits, » a-t-il continué, admettant néanmoins quelques faiblesses, comme le manque de traçabilité.

Mais en partant de la multiplicité des menaces, les experts ont été unanimes que la sécurité globale du pays n’incombe pas uniquement à l’armée et aux forces de sécurité. La corruption, le crime transnational, la contrebande, l’immigration clandestine, le terrorisme, le blanchiment d’argent, le trafic d’armes, sont des menaces intérieures et extérieures qui nécessitent la mobilisation de plusieurs intervenants: la classe politique, la société civile, les acteurs économiques et même les citoyens devraient épauler les forces de la sécurité dans la mission sacrée de la défense de l’intégrité du pays. Par ailleurs, pour bien remplir leur mission, les militaires ont surtout demandé à ce qu’on n’intervienne pas dans leur « art » et qu’on leur laisse s’occuper du volet tactique et opérationnel de la politique de la défense. Les militaires revendiquent également la constitutionnalisation de leur tâche.

L’article 95 du projet de la Constitution stipule déjà que: « Les Organes de la défense et de la sécurité nationales obéissent aux principes suivants:

– les organes de la sécurité dépendent du pouvoir exécutif;

– l’État est le seul organe compétent pour créer les forces armées et les forces de sécurité nationale; aucune formation ou organe armé ne doit être créé en dehors de l’armée nationale ou de la sécurité nationale que dans les conditions prévues par la loi.

– les organes de sécurité assurent leur propre gestion et la formation de leurs membres. »

Toutefois, le militaires demandent plus d’éclaircissement sur la relation entre l’armée et l’Exécutif. Ce rapport est en effet primordial pour mieux définir la politique de défense globale dans l’avenir.

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