Encore des droits et des libertés à inclure dans la nouvelle Constitution

Pour la deuxième journée consécutive, les députés de l’ANC ont continué, hier, à débattre des articles du deuxième chapitre du projet de la  nouvelle Constitution. La plupart des débutés ont salué le travail et « l’effort de la commission des droits et libertés ». Toutefois, plusieurs députés ont relevé des faiblesses et présenté des articles à ajouter.

La député Hajer Azaeiz du groupe du mouvement Ennahdha a insisté sur la constitutionnalisation du Code du statut personnel (CSP) et l’inclusion du principe de la parité dans le texte juridique suprême du pays, au – delà de la simple parité dans la composition de la prochaine ISIE. Imen Ben Mhamed a, dans la même veine, focalisé sur la protection de l’enfance et des jeunes filles mineures de toute forme d’abus.

Mahmoud El May, député démocrate représentant les Tunisiens en France, s’est interrogé quant à lui sur le statut des Tunisiens vivant à l’étranger :   «  Je propose un nouvel article qui instituerait l’égalité parfaite entre les citoyens vivant à l’intérieur et à l’extérieur du pays »,  a-t-il asséné, tout en appelant à ne pas discriminer les Tunisiens détenteurs d’une deuxième nationalité.

Toujours sur le même élan de tolérance, Souhir Dardouri, députée CPR, a appelé à incriminer l’accusation de mécréance (Takfir) dans sa forme aussi bien religieuse qu’idéologique. «  Ce fléau est devenu un instrument très dangereux pour la division du peuple », a-t-elle ainsi mis en garde.

Tout aussi emporté contre la discrimination, Kamel Saadaoui,  député du groupe la Dignité, a appelé à constitutionnaliser l’égalité entre les régions et même à instaurer la discrimination positive en faveur des gouvernorats les plus défavorisés à l’instar de Kasserine, Siliana ou encore Sidi Bouzid.

Hasna Marsit, du groupe Wafa, est quant à elle en faveur de la suppression définitive de la peine de mort.  « Toutes les organisations internationales sont contre la peine de mort, et même dans la loi islamique, la marge pour l’application de ce châtiment est très étroite », a-t-elle estimé. Ayant participé la semaine dernière au dialogue national sur la Constitution, organisé par l’Assemblée nationale constituante en collaboration  avec  le Programme des Nations Unies pour le développement, la député de Kébili s’est dite agréablement surprise, lors des débats, par la compétence et le haut degré de conscience des citoyens.  » Ils ont lu attentivement l’ébauche de la Constitution, leurs critiques sont bien fondées et leurs propositions très pertinentes« , a-t-elle affirmé. Les propositions émises par les citoyens ont, selon Hasna Marsit, enrichi les suggestions des députés. Elles vont prochainement passer devant la commission des droits et libertés, et pourront servir à ses 22 membres de nouvelles pistes pour apporter les réajustements qui s’imposent au deuxième chapitre de la nouvelle Constitution.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here