On veut fermer le club des journalistes

« On veut fermer notre club de journalistes », c’est ce que vient de nous annoncer ce matin Mohsen Abderrahman, président du Conseil d’administration du fonds d’entraide entre les journalistes tunisiens.

Selon ce dernier, le club vient de recevoir un ordre de fermeture du Gouverneur de Tunis. « Un agent est venu avant-hier, mercredi, nous notifier cette décision dans laquelle on pouvait lire qu’il a été décidé la fermeture d’un bar, au nom de Moez Ben Chaabane, suite à une plainte déposée par un des locataires de l’immeuble où se trouve le club », nous indique Mohsen Abderrahman.

Toujours selon ce dernier, le fonds d’entraide entre les journalistes tunisiens a pris contact avec le poste de police qui a notifié cette décision. Il leur a expliqué qu’il s’agit d’un Club, qui n’appartient pas au dénommé Moez Ben Chaabane et qu’il existe depuis plus de 20 ans. « Nous avons un statut, qui nous permet, en tant que tel, de poursuive notre activité », ajoute-t-il, précisant que les agents ont pris note et renvoyé l’ordre au Gouvernorat pour vice de forme.

« Quelle ne fût pas notre surprise alors de voir le Gouverneur insister sur l’ordre de fermeture. Nous avons fait le déplacement et avons eu un long entretien avec lui. Il nous a fait savoir que s’il y a eu vice de forme sur le premier ordre de fermeture et qu’il ne s’agit pas d’un bar mais d’un club, il ne reviendra pas sur sa décision, mais qu’il va la changer ».

Mohsen Abderrahman nous révèle un sentiment d’acharnement chez le Gouverneur. « Nous estimons que ce n’est pas une simple plainte d’un médecin qui, somme toute, n’est sur les lieux que depuis peu. Lorsqu’il est venu, le club était déjà là et il le savait très bien. On n’a le sentiment que tout cela n’est pas gratuit et que c’est une nouvelle façon de gêner les journalistes. Pourquoi est-ce seulement aujourd’hui qu’on s’attaque à notre club? Il existe depuis 20 ans. Pourquoi ne porte-t-on plainte qu’aujourd’hui, lorsqu’Ennahdha est au pouvoir, lorsque la tension est à son paroxysme entre le gouvernement et les journalistes ? »

Affaire à suivre donc; surtout que les journalistes semblent déterminés à mener le combat pour le maintien de leur club.

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