Contrôleurs publics et journalistes d’investigation unis dans la lutte contre la corruption

Soucieux du rôle que pourraient jouer les médias dans l’appui à leurs efforts, les contrôleurs publics tunisiens ont organisé aujourd’hui une journée d’étude consacrée au journalisme d’investigation.

« Le rôle des journalistes dans la lutte contre la corruption et la malversation ne se limite pas à l’information, mais leur mission est plutôt inclusive. Il s’agit de créer une synergie entre les journalistes et les responsables des instances concernées afin que ces derniers aident les médias à dévoiler la corruption», a déclaré Samiha Salmani, la présidente de l’Association tunisienne des contrôleurs publics (ATCP) qui prône une meilleure collaboration entre les contrôleurs publics et les journalistes. C’est que, pour les contrôleurs publics exerçant dans les trois instances relevant du Premier ministère, du ministère des Finances et du ministère des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, un grand travail est en train d’être réalisé lors des missions de contrôle et d’audit et des recommandations sont émises sans qu’elles ne soient nécessairement appliquées. Publier ces rapports et ces recommandations pourrait bien donner corps et suite au travail accompli. La publication des rapports est d’ailleurs l’une des principales revendications de l’ATCP, qui réclame par ailleurs l’unification dans un même corps des trois instances de contrôle public. Un corps qui soit indépendant, qui jouisse du pouvoir d’auto – saisine et qui puisse faire passer les dossiers de corruption et de malversation devant la justice et la cour de discipline financière. Ces demandes ont été formulées par les 120 membres de l’association et présentées, en juin de l’année dernière, au président de la République et au Chef du Gouvernement. D’ici jusqu’à l’aboutissement « espéré » de leurs aspirations, avec peut-être un projet de loi qui passerait devant les députés de l’Assemblée nationale constituante, les contrôleurs publics continuent à travailler, en s’alliant cette fois aux journalistes.

Journaliste d’investigation et contrôleur public, les formations certes diffèrent. Mais une seule vocation unie le journaliste et l’énarque : la lutte contre la corruption. Une mission qui se trouve en haut de la liste des défis de cette période transitoire, selon Abderrahmen Ladgham, ministre chargé de la Gouvernance et de la Lutte contre la corruption. Bien qu’il ait exprimé des réserves à l’égard des médias qui n’avaient pas assez traité la stratégie nationale de la lutte contre la corruption, annoncée le 9 décembre dernier, le ministre a constaté une amélioration du rendement des journalistes qui couvrent les dossiers de corruption. « La lutte contre la corruption va au-delà de l’affaire de la restitution des biens mal acquis, a-t-il insisté, les journalistes devraient participer davantage à la vulgarisation de la culture de la transparence et de la bonne gouvernance ».

Même avis partagé par Zouheir Latif, producteur et présentateur de l’émission « Fi Assamim » diffusée sur la chaîne «  Attounsiyya » : « C’est donné à tout le monde de divulguer la corruption de l’ancien régime, mais le défi est celui de dévoiler la corruption post-révolution », a tenu à préciser ce journaliste d’investigation chevronné qui lancera, au mois de mars prochain, une série d’enquêtes sur la corruption financière, avant et après la révolution.

Du pain sur la planche donc pour les contrôleurs publics et les journalistes d’investigation, en attendant des échéances importantes à venir, dont notamment la 16e conférence internationale sur la corruption qui se tiendra à Tunis en 2016.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here