La région Moyen Orient-Afrique du Nord : les incertitudes pèsent sur les perspectives de croissance

L’incertitude politique a continué à peser sur l’activité économique dans de nombreux pays de la région Moyen Orient et Afrique du Nord pendant 2012. Néanmoins la croissance en 2012 a retrouvé ses niveaux de 2010, avec un PIB agrégé estimé en croissance de 3,8 % en 2012, comparé à une contraction de 2,4 % en 2011. Le rebond a été largement emmené par une reprise des exportations de pétrole par la Libye, où le PIB a crû à un taux estimé à 108 % et une expansion robuste durable en Irak (11 % de croissance). Cependant le PIB en Syrie, aux prises avec un conflit interne est estimé s’être réduit d’un cinquième, mais ces estimations comprennent des incertitudes significatives. L’économie algérienne a crû à un taux estimé de 3 %, alors que l’Iran a connu une récession modeste en 2012. La croissance parmi les importateurs de pétrole est restée ralentie à un niveau estimé de 2,5 % en 2012 du fait de l’impact de la crise de la dette de la zone Euro sur les exportations, ajouté à des problèmes locaux, y compris une mauvaise récolte au Maroc (3,0 % de croissance en 2012), des difficultés budgétaires en Jordanie (3,0 % de croissance en 2012), ainsi que des incertitudes continues et des réserves faibles en Egypte (2,6 % de croissance prévu pour l’exercice 2012-13). Le PIB de la Tunisie est estimé avoir augmenté de 2,4 % en 2012, mais au Liban la contagion des effets du conflit en Syrie a causé une décélération de la croissance qui s’est établie à un taux estimé de 1,7 %  en 2012.

La production des pays exportateurs pays exportateurs de pétrole brut a continué à croître en 2012. Mais parmi les pays importateurs de pétrole, la production industrielle et l’exportation de produits manufacturés sont restées faibles, dans un contexte de tensions locales et de crise de la dette de la zone Euro. L’inflation a fortement augmenté en Iran et en Syrie. Dans d’autres pays, malgré la hausse des prix alimentaires mondiaux pendant l’année 2012, les taux d’inflation sont restés modestes, du fait en partie de régimes subventionnés. Les flux de capitaux privés vers la région ont continué à baisser en 2012, tombant de 16 % estimés, à $12,5 milliards. Les flux d’IDE vers la région sont aussi tombés, d’une proportion plus modeste à 7 %. De bonnes nouvelles sont venues sous forme d’arrivées de touristes, avec l’Egypte, la Jordanie et la Tunisie qui ont affiché des gains dans l’attraction de touristes, mais dans l’ensemble de la région le tourisme est resté en deçà des niveaux de 2010.

Perspectives

La croissance du PIB régional est prévue en ralentissement à 3,4 % en 2013 avec le retour de la croissance en Libye à un rythme plus soutenable, puis une hausse à 3,9 % en 2014 et 4,3 % en 2015. En Egypte la croissance du PIB est prévue en hausse à 3,8 % pour l’exercice 2013-14 et 4,7 %  en 2014-15. La Jordanie est prévue en expansion modeste à 3,3 % en 2013, s’affermissant à 4,5 % en 2015. L’économie de l’Irak restera florissante avec une croissance prévue à 13,5 % en 2013, avant de se modérer à 8,5 % en 2015 ; la croissance en Libye est prévue en modération à 7,6 % en 2013, puis encore à 5,1 % en 2015 ; alors que la croissance en Algérie et prévue ferme à 4,3 % en 2015. En Iran, la croissance est prévue rabaissée en 2013 à 0,6 %, augmentant modestement à 2,8 % en 2015, alors que la croissance au Liban est prévue à 2,8 % en 2013, s’affermissant à 4,0 % en 2015.

Risques et vulnérabilités

Incertitude politique : Des incertitudes politiques prolongées et des troubles locaux posent un risque clé aux perspectives de croissance de la région. Le conflit en cours en Syrie est une source notoire d’instabilité dans la région : une contagion économique de la Syrie au Liban, à la Jordanie et à d’autres pays peut s’intensifier si la crise politique en Syrie s’empire.

Tumulte de la zone Euro et dette des E-U : Une reprise des tensions dans la zone Euro affecterait particulièrement les importateurs de pétrole de la région, du fait de l’importance de l’Europe comme partenaire commercial et source d’investissement, de tourisme et d’épargne expatriée. Un embrasement des tensions sur la dette aux Etats-Unis nuirait aussi à la région à travers les liens commerciaux et les effets négatifs sur la croissance économique mondiale.

Défis budgétaires : Malgré de récentes efforts et plans dans plusieurs pays pour améliorer la durabilité budgétaire en entreprenant des réformes significatives des subventions – davantage de réformes pourraient poser un défi du fait de la résistance populaire.

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