La grève générale dégénère au Kef

Des affrontements ont opposé ce mercredi 16 janvier les grévistes keffois aux forces de l’ordre. Mounir Bechedly, architecte sur place, nous a affirmé que les forces de l’ordre ont eu recours au gaz lacrymogène pour disperser les grévistes, venus nombreux protestés contre la marginalisation et l’absence de développement.

« Le gouvernement ne fait pas le moindre effort  pour améliorer la situation dans la région », nous assure-t-il. « Rien n’a été fait, ni pour résoudre la question du chômage, ni pour améliorer l’infrastructure.  Même pas un nouveau poteau», ajoute-t-il.

Notre interlocteur estime que la grève est un succès : «  Tous les commerces ont  fermé, contrairement à ce que disent certains sympathisants d’Ennahdha. Aucun négoce n’a été ouvert. Même les boulangeries ont fait la grève bien qu’on leur ait demandé d’ouvrir leurs portes aujourd’hui », lance-t-il.

Toujours selon M. Bechedly, « la marche était pacifique au départ, mais il y a eu par la suite certains débordements. Certains grévistes ont essayé d’attaquer les locaux d’Ennahdha.  D’autres ont essayé d’envahir le poste de police. Et on a su par la suite qu’il s’agit essentiellement des proches de certains détenus de la révolution qui croupissent toujours en prison sans jugement ».

Et M. Bechedly d’ajouter : «  Les forces de l’ordre ont répondu par le gaz lacrymogène pour disperser les foules. Mais ce qui a aggravé davantage la situation c’est l’intervention des ligues de protection de la révolution qui se croient en devoir de réprimer les foules et de soutenir les forces de sûreté ».

Il y a eu, selon notre témoin, quelques personnes asphyxiées par les gaz lacrymogènes qui ont été conduites à l’hôpital de la ville.

On vient d’apprendre aussi que les affrontements se poursuivent, jusqu’à cette heure,  au Kef.

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