Ismail Sahbani s’indigne : « Le contrat social est mort-né ! »

« Le contrat social est mort-né ! ». Ce matin, au siège central de l’Union des Travailleurs de Tunisie, Ismail Sahbani, secrétaire général de l’UTT, a vivement dénoncé le contrat que le gouvernement, l’UTICA et l’UGTT ont conclu l’avant-veille. Pour le président de la jeune organisation syndicale, ce pacte serait même un pas en arrière, une grave atteinte à la démocratie et au pluralisme syndical. En effet, de tous les partenaires sociaux, le contrat n’a inclus que l’UTICA et  l’UGTT, la centrale syndicale majoritaire du pays. Pas de justification aux yeux des syndicalistes de l’UTT à cette exclusion. En brandissant, successivement, le code du travail national, le droit international du travail et le code des sociétés tunisiennes, Ismail Sahbani a démontré qu’aucune loi au monde n’autorise le gouvernement à limiter ses négociations au partenaire social majoritaire.

En plus de l’UTT, plusieurs autres parties n’ont pas été sollicitées : l’UTAP (la centrale agricole), la CGTT (Confédération Générale Tunisienne du Travail), la CONECT ou encore l’APTBEF (l’Association professionnelle des banques). Exclure toutes ces « parties de production » ôte sa légitimité et son effet au contrat social, rebaptisé « contrat de la troïka sociale » par Ismail Sahbani. En effet, celui-ci a estimé que si les parties contractantes voulaient vraiment réaliser les cinq points du contrat, elles auraient mobilisé tous les partenaires sociaux. La croissance économique et le développement régional, les politiques de l’emploi et de la formation professionnelle, les relations professionnelles et le travail décent, la protection sociale et enfin, l’institutionnalisation du dialogue social tripartite sont selon le président de l’UTT les objectifs de tous les Tunisiens. Et même si le ministre des Affaires sociales a insisté sur la flexibilité du contrat et à son ouverture sur toutes les parties de production, Ismail Sahbani, lui, estime que prendre le train en marche, ne vaut en aucun cas la participation effective au premier chef.

Cette exclusion, le président de l’UTT l’a expliquée par le favoritisme du gouvernement. La relation tendue entre le ministère des Affaires Sociales et la jeune organisation sociale aurait affecté négativement le rendement des quelque 130.000 travailleurs ayant adhéré à l’UTT depuis sa création en mai 2011.

Rapportant un « âpre sentiment d’injustice » chez les syndicalistes de l’UTT, Hédi Bchini, secrétaire général du bureau régional de Tunis, a appelé le ministre des Affaires sociales  -également membre de la commission administrative de l’UGTT- à appliquer impartialement la loi afin d’assurer un climat favorable à l’exercice des libertés syndicales au sein des entreprises. Pour ce responsable régional, les adhérents de l’UTT subissent des pressions et exigent le règlement de leurs revendications morales et financières. A ce jour, ils attendent que le gouvernement publie la circulaire de leur droit au prélèvement des cotisations syndicales, dont le montant est de 18 dinars/an.

Pour défendre  leurs droits « légitimes», les responsables de l’UTT se sont dits prêts à utiliser tous les moyens légaux et n’ont pas exclu de recourir à des grèves sectorielles. Aujourd’hui même, des employés du ministère des Affaires sociales, adhérents de l’UTT, protestaient sur leur lieu de travail. Simple riposte à l’exclusion de la signature du contrat social : « Pas vraiment », a assuré Ismail Sahbani. Les motifs seraient plutôt professionnels et relatifs au droit syndical et à des revendications financières légitimes.

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