CONECT : « Un contrat social à huis clos ! »

Dans un communiqué rendu public aujourd’hui, la CONECT a exprimé sa profonde indignation d’avoir été exclue de la signature du contrat social.

« Il est unanimement connu que la Tunisie vit depuis deux ans une phase délicate et décisive de transition dans tous les  domaines politique, économique et social notamment.

L’on comprend que cette phase, qui accompagne généralement toutes les révolutions, soit marquée par des tensions sociales surtout après les souffrances et les frustrations résultant  de longues années voire de décennies  de non-respect des droits de l’Homme, notamment le droit au développement  et le droit à la participation, de marginalisation et  d’absence  d’équité et  de libertés  dont surtout la liberté d’expression.

Les Tunisiens, sans exception, ont payé cher et vont peut-être payer encore plus cher le  coût de  cette transition.

Les revendications, excessives ou inopportunes, les grèves, les sit-in, les barrages de routes, les entraves à la liberté de travail, les problèmes de sécurité et autres obstacles n’ont fait qu’aggraver la situation économique et celle des entreprises  et, partant, la situation sociale surtout au niveau de l’emploi avec les arrêts de travail, la perte de marchés, le départ de certaines entreprises étrangères et  l’attentisme par manque de visibilité.

Au moment où de nombreuses  composantes de la société civile, des organisations professionnelles, des syndicats, des patronats, des experts et un nombre de plus en plus important de Tunisiens appellent à un  nouveau dialogue franc et responsable impliquant toutes les composantes de la société voire tous les Tunisiens, l’on annonce sans aucune introduction,  ni préparation,  ni information préalables la signature d’un « contrat social » qu’on essaie de présenter comme la solution et le remède approprié ou même inespéré à  tous nos problèmes

Certains même soutiennent, comme à l’accoutumée, que la Tunisie est pionnière dans ce domaine et  qu’elle est la première au niveau du monde arabe et de l’Afrique à prendre une telle initiative.

Tout est pratiquement à l’ancienne ! L’approche, la manière et le paysage ! »,  lit-on dans ce communiqué.

Pourquoi donc cette précipitation ?

Et d’ajouter : « Pourquoi cette exclusion  de tant d’organisations patronales à l’instar de la CONECT,  l’UTAP,  l’APB, la FTH, la FTAV, la FTUSA,  et autres et aussi d’organisations syndicales (la CGTT et l’UTT)  et d’une manière générale, de toutes les composantes de la société civile ?

Avec une telle initiative, c’est un sentiment général de déception et de frustration qu’on a provoqué  aujourd’hui dans le pays.

Au lieu  qu’il soit un facteur de rassemblement, d’union et de mobilisation générale  autour d’un projet  national d’importance capitale, le contrat social tel qu’il a été conçu et annoncé risque d’être un élément de discordances  et de divergences entre des partenaires qui sont censés unir leurs efforts et travailler en étroite coopération et concertation ! »

Ce projet est mort-né !

Par ailleurs, lit-on toujours dans ce communiqué : « La question n’est nullement celle de  la représentativité ou de la majorité ! C’est beaucoup plus profond et d’ordre stratégique. Cela appelle l’engagement, la participation et la mobilisation de tous les Tunisiens sans exception. Car face à des défis majeurs, il n’y a pas de majorité ou de minorité qui tienne ! Agir d’une telle manière nous ramène aux anciennes pratiques d’exclusion et de marginalisation !

C’est ce que tous les Tunisiens ont rejeté. C’est l’un des fondements de base de la révolution tunisienne ; c’est un acquis cher à nous tous . Il est de notre devoir de le sauvegarder.

C’est pour ces raisons que le bureau exécutif de la CONECT, réuni en session extraordinaire,  dénonce cette approche et qualifie le contrat social, annoncé comme une déclaration d’intention, et qu’il convient de reconsidérer cette position et de tout reprendre en concertation avec toutes les parties et les composantes de la société civile sur la base d’approches appropriées. »

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