Musicothérapie, un son de liberté

La révolution se fête comme il se doit, quoi de mieux que de la musique pour la célébrer? Il est bien connu que la musique adoucit les mœurs, on lui attribue même des vertus thérapeutiques, d’où la naissance de la « musicothérapie ». Pourtant, encore peu connue du public tunisien, cette discipline connaît ailleurs un franc succès.

Les sons rythmés et mélodies ont un impact indéniable sur les émotions. De ce fait, il ne semble donc pas surprenant que la musicothérapie permette de diminuer les tensions internes, les conflits psychiques, le niveau du stress et puisse  améliorer la communication et l’expression.

Ayant une action positive sur le bien-être de l’individu, elle entre dans le cadre d’un soutien psychique sur le court terme ou bien dans une démarche globale de développement personnel.

La musicothérapie permet de venir en aide non seulement aux patients présentant des troubles psychiques, mais aussi à ceux souffrant de maladies organiques dans un cadre de soutien psychique adjuvant. Son utilisation, notamment dans la maladie d’Alzheimer, a prouvé son efficacité de par son action stimulatrice sur la mémoire affective et émotionnelle. La généralisation de cette pratique semble donc très intéressante, dans la mesure où le nombre de personnes souffrant de cette maladie ne cesse d’augmenter avec l’espérance de vie (35 000 cas déclarés en Tunisie).

Diminuant le niveau du stress, la musicothérapie est aussi bénéfique auprès des nouveaux-nés prématurés et des patients des services de cancérologie.

Où en est-on en Tunisie dans ce domaine? L’organisme dont l’une des missions est de promouvoir cette discipline est l’Association tunisienne de musicothérapie, dont la présidente est Dr Zohra Aissa, médecin spécialiste en psychiatrie. Cette association a vu le jour en 1994, son activité étant orientée essentiellement vers la recherche appliquée.

Malgré les faibles moyens financiers et humains dont elle dispose, cette association œuvre pourtant sur le terrain. Son activité vise essentiellement les personnes en difficulté sujettes à des dépressions et des troubles anxieux. Les enfants de l’Institut national de protection de l’enfance en ont fait l’expérience, notamment ceux qui sont attardés mentaux.  De plus, la musicothérapie est indiquée dans d’autres troubles tels que le bégaiement et les retards simples du langage chez l’enfant. C’est une thérapie qui ne peut faire que du bien et qui n’a pas d’effets secondaires en comparaison des traitements conventionnels, alors pourquoi ne pas en user?

Dans un contexte moins scientifique, la tradition musicale tunisienne illustre bien cette propriété qu’a la musique d’améliorer l’humeur ou plus globalement son impact sur le psychisme. L’exemple type est le « stambelli », ainsi que la musique soufi, qui modifient visiblement l’humeur et dans les cas extrêmes, peuvent transporter l’individu vers un état de transe. Dans notre pays, la musique était utilisée à des fins thérapeutiques dans le passé déjà au 17ème siècle plus précisément; une époque ou Aziza Othmana demandait que l’on joue d’un instrument pour les patients de l’asile psychiatrique, « Dar Adarawich ». De même,  des séances de musicothérapie étaient déjà organisées à l’hôpital Razi.

Une question se pose d’elle même alors: dans un contexte sociopolitique extrêmement éprouvant, d’un point de vue psychique, pour le citoyen tunisien depuis deux ans, peut-on espérer l’avènement d’un festival destiné à la musicothérapie nous aidant à renouer avec la joie et la bonne humeur? Malheureusement, ce souhait ne sera pas exaucé de sitôt à cause du peu de moyens dont dispose l’Association tunisienne de musicothérapie. Cependant, peut-on tout de même espérer la naissance d’un tel projet avant-gardiste dans un avenir pas trop lointain? Ne dit-on pas que l’espoir fait vivre?

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