Mise en œuvre de la convention-cadre sur les changements climatiques en Tunisie

Les changements climatiques qui se manifestent au niveau mondial auront assurément des effets étendus, notamment en Tunisie. En effet, le pays est confronté à des températures extrêmes durant la saison estivale, au recul des précipitations et à la recrudescence des périodes de sécheresse.

Par ailleurs, les ressources hydriques y sont déjà surexploitées. Avec le changement climatique, la disponibilité de l’eau sera exposée à des risques supplémentaires. En effet, les impacts directs, comme l’érosion des sols ou le recul de la production agricole, frapperont des secteurs importants pour l’économie tunisienne et menaceront des écosystèmes sensibles, comme les oasis et les forêts de chêne-liège. De plus, la montée du niveau de la mer fera peser la menace sur une importante infrastructure, qui se trouve à proximité du littoral et qui s’étire sur plus de 1.300 km.

Bien que la Tunisie ait ratifié aussi bien la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, que le protocole de Kyoto, il n’en demeure pas moins que les possibilités qui en découlent ne sont toujours pas suffisamment exploitées. Ainsi, les compétences nécessaires à une protection efficace du climat, ainsi que les conditions cadres correspondantes, ne sont toujours pas réunies.

Partant de ce constat, potentiellement alarmiste en cas d’absence de politique volontariste de la part des autorités tunisiennes pour atténuer les effets des changements climatiques sur l’économie nationale, les bailleurs de fonds bilatéraux à l’instar de l’Agence française de développement (AFD), la Coopération allemande (GIZ) et quelques autres, ont déjà commencé par financer certains projets afin de soutenir  la Tunisie dans ses efforts pour mieux adapter son économie aux effets des changements climatiques et pour apporter une contribution à la réduction des gaz à effet de serre.

Notons que l’agriculture, la santé et le tourisme ont déjà fait l’objet de stratégies d’adaptation aux changements climatiques, déjà depuis 2006. Cependant, l’implémentation des mesures ne se fait plus uniquement au niveau national, mais également et plus particulièrement dans les régions défavorisées (dans le nord : Jendouba et Béja ; dans le centre : Kasserine, Kairouan et Sidi Bouzid; dans le sud : Médenine, Kébili et Tozeur). Les habitants y sont particulièrement touchés. La survie de leurs activités agricoles et touristiques dépendra directement de l’utilisation durable des ressources naturelles.

Le projet des bailleurs de fonds pour l’atténuation des effets des changements climatiques sur l’économie tunisienne consistera à former des experts dans les administrations, afin que celles-ci puissent tenir compte des changements climatiques, comme dans le cadre de la gestion durable des ressources en eau. Des projets pilotes serviront d’exemple d’adoption d’une gestion plus économe en ressources hydriques et comment les sols et la végétation pourront être protégés. A titre d’exemple, on peut citer le cas de l’oasis de Hazoua, où le projet d’adaptation aux changements climatiques et de réduction des gaz à effet de serre coopère avec les entreprises privées tunisiennes et suisses, pour démontrer qu’un tel projet peut être assez rentable à travers des nouvelles techniques permettant aux agriculteurs d’économiser de l’eau lors de l’irrigation des plantations de palmiers-dattiers; de mettre en œuvre de nouvelles méthodes de culture biologique (un nouveau marché ouvert aux agriculteurs, celui des dattes biologiques certifiées, vendus en Europe ); et de réutiliser l’eau de drainage qui permet de régénérer les pâturages pour le bétail.

Dans le domaine de la réduction des gaz à effet de serre, le projet a contribué à créer les conditions nécessaires à une participation au marché du carbone et aux mécanismes de développement propre (Clean Development Mechanism). Avec le soutien des bailleurs de fonds, une instance chargée du marché des émissions, l’Autorité nationale désignée (AND), a été mise en place et des spécialistes ont été formés, capables de concevoir des projets de réduction des émissions. Ainsi, 23 projets ont pu être développés, dont trois qui produisent déjà des certificats de réduction des émissions de carbone, négociables à l’échelle mondiale.

Le prochain défi résidera dans le développement de stratégies adaptées, visant la réduction des émissions dans des secteurs entiers ou des régions, ce qu’on appelle les Mesures d’Atténuation Appropriées à l’Echelle Nationale, dans le but de former des spécialistes capables de répondre aux calculs complexes des quantités de carbone et autres normes internationales.

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