2013: année de la transition énergétique ?

Alors que le débat sur la transition énergétique s’est ouvert en France et devrait déterminer la stratégie du pays pour les prochaines décennies, l’enjeu mérite d’être inscrit parmi les urgences de l’agenda international. Il s’agit en effet d’un sujet où le monde est à la croisée des chemins. Il suffit de rappeler ici les problèmes posés en toile de fond : le réchauffement climatique, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’économie et l’efficacité énergétique, l’augmentation des énergies renouvelables…

L’énergie sous-tend et structure les modes de vie et de développement économique de nos sociétés industrielles, productivistes et consommatrices. Un modèle de société basé sur la fiction d’un monde aux ressources énergétiques infinies, alors que, de fait, les énergies fossiles s’épuisent.

La population mondiale ne cesse de croître et en conséquence la demande mondiale en énergie explose depuis 1970: elle est passée de 1,35 TEP/habitant en 1970 à 1,5 TEP/habitant en 2000, soit une croissance de 11%. Les experts de l’Institut international de l’Energie estiment qu’en 2030, la demande sera de 2.1 TEP/habitant, soit une croissance de 40% par rapport à 2000. Cette croissance souligne l’équation à laquelle l’humanité est confrontée: le développement va de pair avec l’augmentation de la consommation d’énergie. Dépendant à plus de 80% des combustibles fossiles, le modèle énergétique actuel s’avère intenable. L’année 2012 a multiplié les signaux et les indices du dérèglement climatique et de l’ « insécurité nucléaire ». Phénomène dont les pays de l’hémisphère nord comme de l’hémisphère sud pâtissent.

Le secteur de l’énergie contribue pour plus de 65% aux émissions de gaz à effet de serre que la communauté internationale s’est engagée à diviser par deux à l’horizon 2050. Les risques ont également une dimension sociale dans la mesure où le modèle actuel laisse sur le bord du chemin une part importante de l’humanité qui connait un véritable dénuement énergétique. Il faut ajouter à cela la limitation des capacités d’approvisionnement et ses conséquences géopolitiques, économiques et financières.

La question énergétique et ses conséquences sur le climat ont fait émerger une prise de conscience inégale sur la nécessité et l’urgence de solutions concertées au niveau international. Si les différentes conférences et groupes de travail organisés sur ce sujet sous l’égide des Nations-Unies attestent de la volonté des États et de la communauté internationale d’intensifier la coopération sur cette question ( Rio+20), les deux premières puissances économiques mondiales – Etats-Unis et la Chine – demeurent parmi les plus rétifs.

L’incapacité des Etats à dégager des accords salutaires pour l’avenir de l’humanité amène à responsabiliser plus que jamais les sociétés civiles. Celles-ci semblent convaincues  de la nécessité de changer de modèle et d’amorcer immédiatement une transition énergétique vers un nouveau modèle plus durable, plus respectueux de l’équilibre écologique de la planète, et de l’équité entre les différentes régions du monde et entre les générations. Ce nouveau modèle devra être caractérisé par la sobriété, l’efficacité et l’accès pour tous. Cette nouvelle donne suppose l’essor des énergies renouvelables, afin de diminuer les émissions de gaz à effet de serre et de réduire les situations de dépendance énergétique.

La Tunisie n’échappe pas à cette problématique du XXIe siècle. D’un côté, elle est loin de l’indépendance énergétique; de l’autre, ses qualités d’ensoleillement et ses zones propices aux installations éoliennes font de la Tunisie un pays à fort potentiel de développement pour les énergies renouvelables. Ainsi, les opportunités et enjeux de la transition énergétique, ainsi que ses retombées économiques ont été les thèmes d’une conférence internationale dont les travaux se sont déroulés, les 17 et 18 décembre 2012, à Hammamet. La manifestation a été organisée par le Programme de développement des Nations Unies (PNUD) en coopération avec l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (ANME), l’Association tunisienne pour la maîtrise de l’énergie et l’Association des économistes tunisiens. Cette rencontre a constitué une opportunité pour la Tunisie de mettre en place une feuille de route de l’énergie et d’adopter une stratégie pour la transition énergétique à l’horizon 2030. Reste qu’au-delà de l’action publique – aux niveaux étatique et local – l’enjeu relève de la responsabilité individuelle. Dans le domaine de l’énergie comme dans celui du climat, le comportement de chacun détermine la destinée de tous. Les changements de comportement sont donc au cœur de la transition énergétique. Notre rapport à la consommation énergétique doit donc évoluer, dans l’intérêt des générations futures. Un geste responsable et un acte citoyen, en somme.

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