Le prix international du roman arabe Booker dévoile les oeuvres primées

Au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue hier au théâtre municipal de Tunis, la liste courte des lauréats du Prix International du Roman Arabe édition 2013 a été dévoilée, devant à un public composé d’intellectuels, romanciers, journalistes et poètes. Comme nous l’avons déjà signalé, c’est la première fois que ce prix quitte Abu-Dhabi pour un autre pays.

La séance a été inaugurée par M. Nouri Abid, président de l’Union des éditeurs tunisiens, qui a remercié les organisateurs du prix d’avoir choisi la Tunisie pour la déclaration de la liste des lauréats, ce qui fera mieux connaitre ce prix dans les milieux tunisiens et stimulera les éditeurs tunisiens à y participer.

Mehdi Mabrouk, ministre de la Culture et de la sauvegarde du patrimoine, a considéré  que la cérémonie est une manière de rendre hommage à la révolution tunisienne et qu’un tel évènement lui accorde une responsabilité pour mieux soutenir la production littéraire tunisienne et plus particulièrement romanesque.

Six romans, de six pays arabe ont été primés. Première surprise: de grands romanciers n’ont pas remporté le prix, à l’instar de l’algérien Wassini Al-Araj, et les libanais  Elias Khouri, Houda Baraket et Rabih Jaber qui a déjà remporté le prix l’année dernière.

La deuxième surprise est l’émergence d’une nouvelle génération jeune et talentueuse de primés, dont la majorité est méconnue dans le monde arabe.

Enfin, dernière surprise et non des moindres, le critique littéraire tunisien Houssine El-Wad figurait parmi les lauréats.

Les noms des membres du jury sont restés confidentiels jusqu’à la dernière minute et ont été présentés au public après de discours du ministre de la Culture. Il s’agit de l’écrivain et  académicien égyptien  Jalel Amine, le critique et académicien libanais Sobhi Bosténi, Ali Farazt le président de l’Union des caricaturistes arabes, Barbara Mikael Bikolska, académicienne et chercheuse polonaise en littérature arabe et Zehia Ismael Salhi, professeur de littérature arabe  à l’université de Manchester.

Le professeur Jalel Amine, président du jury, s’est expliqué sur un certain nombre d’aspects relatifs aux critères de sélection: «  l’esthétique du roman était notre critère de sélection majeur, ni la nationalité de l’écrivain, ni son sexe, encore moins sa religion ou sa célébrité n’ont été pris en considération lors des délibérations. Même l’audace d’aborder des sujets considérés encore comme tabous n’étaient  pas pris en compte », l’esthétique du roman est passée avant tout. Le président a invité le public à lire les six romans primés, afin de se rendre compte de leur valeur littéraire.

Concernant le printemps arabe, il est à noter que les romans primés n’ont pas abordé ce thème. Jalel Amine s’explique encore une fois en estimant que plusieurs textes ont abordé ce sujet, mais nous n’avons pas trouvé des textes qui soient à la hauteur et répondent aux exigences esthétiques. De même, les révolutions arabes ne sont pas encore mûres, ce qui rends tout projet littéraire inexploitable.

Nous rappelons au passage que les prix sont des 10.000 dollars américains pour chaque écrivain et la traduction de chaque roman en langue anglaise.

Les romans primés sont ( dans l’ordre alphabétique arabe) :
– Ana hiya wal okhrayat de l’écrivaine libanaise Jané Al Fawaz Al Hassan;
Al-Kondes de l’écrivain saoudien  Mohamed Hassen Alwan;
Sak Al-Bambou de l’écrivain koweïtien Saoud Sanoussi;
– Saâdatouhou Saïd Al wazir  de l’écrivain tunisien Houssin Al-Wad;
Mawlena de l’écrivain égyptien Brahim Issa;
Ya Maryem de l’écrivain irakien Sanene Antoun.

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