Al Qotb, l’ancien/nouveau né du paysage politique tunisien: “nous visons à faire aboutir un projet et non pas un parti”

Riadh Ben Fadhl, Coordinateur général du parti Al Qotb, l’ancien/nouveau né du paysage politique tunisien était hier, mardi 08 janvier, l’invité d’Express Fm pour présenter son nouveau parti, pas tellement nouveau que cela.

Pour mémoire, le Conseil politique d’Al Qotb a tenu sa première réunion le dimanche 30 décembre 2012, après l’obtention du récépissé lui permettant d’agir légalement en tant que parti, le 03 novembre 2012, date de la publication au JORT. Cette réunion s’est tenue suite à la décision de la majorité des 77 délégués des indépendants d’Al Qotb (ayant pris part à la conférence nationale constitutive d’Al Massar Addimoqrâti Al-Ijtima’i les 31 mars et 1er avril 2012) de s’organiser de manière autonome lors d’une assemblée générale du 26 juillet 2012, étant imprégnés d’une conception différente de faire la politique. Celle-ci s’appuie sur les activités sur le terrain, le contact direct avec les citoyens, le refus du carriérisme et du positionnement politique à tout prix, tout en adoptant des méthodes d’organisation modernes privilégiant les relations horizontales entre les différentes structures du parti et la coexistence des différentes expressions socio-démocrates en son sein, dans la sérénité, loin des modèles bureaucratiques traditionnels, ce qui fait d’Al Qotb une force de proposition et d’action dans le pays.

Cette option a été arrêtée suite au constat de blocage du processus d’unification avec le Mouvement Attajdid et le Parti du Travail Tunisien, lequel processus a pris fin avec l’exclusion ou le retrait de la majorité des membres appartenant à Al Qotb et au PTT, du Massar.

« Nous partons d’une nécessité de rassembler les différentes sensibilités démocratiques et progressistes, dans le cadre d’un front démocratique large et capable de faire le poids lors des prochaines élections » lance Riadh Ben Fadhl.

Et d’ajouter: « le choix était difficile à faire, vu le nombre des formations politiques existantes aujourd’hui sur la scène, mais la conception que nous avons de la chose politique est tellement distante de l’existant, que nous n’avons pas hésité de faire le pas. Le temps des structures pyramidales et des relations verticales est révolu. Le citoyen doit être au cœur de toute politique, il doit en être le principal acteur »

Toujours selon M. Ben Fadhl, et dans le souci de mettre en pratique cette philosophie propre à Al Qotb, les membres de ce parti, doivent remplir la condition d’adhérer au moins à deux associations et d’appartenir à des réseaux citoyens différents. « Chose qui leur permettra, selon le Coordinateur général du parti, de mettre en place une politique citoyenne ».

Ben Fadhl a rappelé que le souci du parti Al Qotb était dès le début et restera le rassemblement de toutes les formations politiques démocratiques, sans exception aucune. Le Front auquel il appelle, doit être le plus large possible et il doit traverser toutes les sensibilités et aller au-delà des différences idéologiques, pour mettre en avant les principes de la démocratie, de la civilité de l’Etat, du modernisme  et de la  liberté.

Il a aussi mis l’accent sur le fait que l’un des différends qui opposaient les indépendants du Pôle aux autres membres d’Al Massar, était la conception que les uns et les autres se font de la question des coalitions. Selon Ben Fadhl, ces coalisions ne doivent pas être systématiques, mais plutôt le fruit d’un programme commun clair entre les diverses formations.

« Les coalitions qui se dessinent actuellement à l’horizon n’ont rien de commun, outre la volonté de mettre en place un Front capable de peser lors des élections. Mais faut-il encore que cela se fasse sur la base d’un programme clair », renchérit-il.

Il a en outre mis en garde contre le risque de l’abstentionnisme électoral qui plane sur les prochaines élections et qui résulte du fait que les Tunisiens se lassent de plus en plus de la politique, faute d’un programme capable de les convaincre.

« Nous œuvrons à mettre en place l’alternative politique citoyenne et démocratique capable de faire face à Ennahdha lors des prochaines élections qui ne seront pas programmées avant le début de l’année 2014 » dit-il.

Toutefois, si les différends l’emportent et que cette mission de rassembler les forces démocratiques n’aboutit pas, Al Qotb optera pour une stratégie d’alliance à géométrie variable, qui vise à soutenir les forces démocratiques capables de faire aboutir le projet démocratique, région par région, sans se porter candidat lors des prochaines élections. »

« Nous visons à faire aboutir un projet et non pas un parti » conclut-il.

Cette quête de faire aboutir le projet démocratique à tout prix, à en croire les intentions exprimées, n’est-elle pas trop utopique pour être un projet politique? Cette idée peut-elle s’épanouir sur le terrain? Comment El Qotb, va-t-il pouvoir convaincre le Tunisien, exaspéré par la bataille politique qui se déploie, que le pouvoir pour le pouvoir n’est pas vraiment son crédo? Les réponses ne tarderont pas, sans doute, à venir.

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