Slam et musique pour rendre hommage à la femme tunisienne

 

Samedi 05 janvier, à El Teatro, l’une des forteresses du théâtre tunisien contemporain, dans une salle archicomble, le public a savouré un spectacle hommage à la femme tunisienne libre.
Une pléiade d’artistes tunisiens (le slammeur Hatem Karoui, le duo Samsa, la slammeuse Neira Kateb, la slammeuse Marwa Jabou, la chanteuse – guitariste Yasser Jeradi, le guitariste Mehdi Douss et Bendir Man) n’ont pas attendu la journée internationale de la femme pour la célébrer et chanter ses louanges.

Ils ont fêté le nouvel an comme il se doit en profitant de la bonne occasion  pour rappeler les acquis de la femme tunisienne et bien sûr la défendre.

L’initiative montre bel et bien que nos artistes ne restent pas insensibles aux violations des droits des femmes et réaffirment que les acquis doivent rester inébranlables, quoiqu’il arrive.

Slam et musique underground étaient au rendez-vous pour agrémenter une excellente soirée où l’art a enjolivé l’image de la femme, loin du machisme et  du fanatisme qui montent dans la société.

Paroles libres et libératrices. La soirée a débuté avec la projection du clip Lemra  (La femme) : http://www.youtube.com/watch?v=wnIdzDl13jQ

Le trio artistique Hatem Karoui, Skander Guetari et la comédienne Ons Trabelsi  ont  agréablement surpris le public par un clip alliant raffinement artistique et cause juste : la femme dans toutes ses dimension et le rejet de la violence contre les femmes, mère, sœur, épouse, cousine et même la parente lointaine. Le clip a rappelé les personnages phares féminins de l’histoire tunisienne – Hbiba Msika, Saïda Manoubiya, Aoulaya, Naâma et d’autres figures – incarnés par la ravissante comédienne Ons Trabelsi, dont les traits expressifs, la présence scénique  et l’expérience  ont valorisé le travail artistique.

De même, nous avons découvert le talent de la slammeuse Marwa Jabou, très connue sur le réseau social Facebook sous le pseudonyme « La voix d’une fille » par ses textes émancipés et engagés à la fois, s’est produite pour  première fois sur scène.  Aujourd’hui j’ai trente ans, slam exposant le regard méprisant des proches, de la famille et  des ami(e)s vers les femmes qui ne se sont pas encore mariées: un texte qui déborde d’amertume et de souvenirs, parsemé de bout en bout par le machisme des hommes et des préjugés sociétaux. Sur une note d’espoir le texte se termine: la femme continue le cours de sa vie, sans pour autant faire du mariage une nécessité absolue. Aujourd’hui j’ai trente ans était un texte convenable et  poignant pour un tel spectacle. Que dire d’autre sur la jeune slammeuse : vivacité sur scène, présence scénique agréable conjuguant son charme envoûtant à son texte sublime…

Bendir Man, fidèle à lui-même, a chanté les titres qui ont fait son succès et le public n’a pas manqué d’applaudir. De même, il  n’a pas épargné le gouvernement provisoire dans une parodie ridicule de Rafik Abdesslam, évoquant le récent scandale et égratignant au passage  Lotfi Zitoun. Ses allusions comiques/politiques ont ponctué tout le spectacle de bout en bout.

Pareille à Esmeralda, Sana Sassi du groupe Samsa, jouant des castagnettes, a chanté une interprétation tunisienne du célèbre Alléluia de Leonard Cohen.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here