La Culture reste le parent pauvre du budget général de l’Etat

Le constat est amer dans tous les secteurs culturels : salles de cinéma dépeuplées, lectorat en voie de disparition, faible production théâtrale (à l’exception des œuvres de Fadhel Jaïbi et Ezzedine Gannoun). S’ajoute à cela  le nombre infime d’événements culturels en Tunisie : JCC, JTC, Octobre musical et autres événements qui passent souvent inaperçus à cause d’une faible médiatisation. Il semble que le financement du domaine culturel n’est pas un besoin urgent pour notre gouvernement qui, en bon gestionnaire, accorde au ministère de la Culture 0,63% du budget général de l’Etat. Restriction budgétaire oblige, diriez-vous, dans un contexte postrévolutionnaire !

Les retombées de cette décision, le moins qu’on puisse dire hâtive et irresponsable, seront dévoilés au grand public bientôt. Sachant que les organismes privés ne sont pas très enthousiastes pour soutenir les produits culturels : musique, théâtre, cinéma ou autres à moins qu’il s’agisse d’un produit qui cible un public de masse. Un critère qui n’est pas sans altérer la qualité du produit culturel. Avec un tel budget, le ministère de la Culture pourra-t-il assurer sa mission principale, à savoir le soutien à la création ?

Il faut aussi avouer que les soucis majeurs des citoyens de nos jours sont économiques et politiques à la fois : la prééminence est accordée à l’emploi puisque le spectre du chômage n’est pas près de disparaître. La date des élections présidentielles hante tous les esprits. Cependant la situation précaire du pays est-elle un prétexte pour appauvrir les ressources d’un tel ministère ? La valorisation de la culture tunisienne n’est-elle pas une priorité surtout que la révolution n’était pas précédée ou/et suivi d’une théorisation culturelle ? Les députés de l’Assemblée Nationale Constituante et le ministère des Finances n’en ont cure et semblent se désintéresser de l’avenir de la culture dans notre pays.

Le créateur tunisien en 2013 sera-t-il acculé à rechercher des subventions étrangères ou à abandonner purement et simplement son projet ?  Au vu de l’exiguïté du budget alloué cette année au ministère de la Culture, nos créateurs sont invités à penser à leur autofinancement dès à présent.

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