Le professeur Habib Kazdaghli : le procès continue…

 

La Fédération générale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, représentée par son secrétaire général, M. Houssine Awadi, a tenu hier, au siège de l’Union tunisienne du Travail, une conférence de presse en soutien au doyen de la Faculté  des Lettres, des Arts et des Humanités, le professeur Habib Kazdaghli, qui comparaît aujourd’hui devant le tribunal de La Manouba dans le cadre de son procès. Il est accusé d’avoir violenté une étudiante niqabée  dans son bureau. Le procès du  professeur Habib Kazdaghli suscite encore la polémique et pour cause, c’est bien la première fois qu’un doyen de faculté est poursuivi pour de tels faits.
M. Houssine Awadi a entamé la séance en situant le sujet dans son contexte: le procès  s’inscrit dans le cadre des violations flagrantes et continues subies par les étudiants et les professeurs dont les nombreuses plaintes sont la preuve que les libertés académiques sont visées, phénomène étranger à l’université tunisienne. Il a rappelé de même le début de l’affaire qui remonte au 5 octobre 2012, date du sit-in des salafistes à  la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités. Il a affirmé que toutes les preuves démentent les accusations de la jeune étudiante niqabée et pourtant le procès continue, ce qui l’amène à s’interroger sur les raisons pour lesquelles l’affaire s’est transformée en procès pénal. Affaire politisée, selon lui, et qui met en avant l’implication du pouvoir judicaire.

Quant à Samir Cheffi, vice-secrétaire général de l’UGTT, il considère que l’affaire en question est une affaire d’opinion publique. Le procès du professeur est celui des libertés académiques. Au-delà du procès se cache la volonté de manipuler la justice tunisienne. M. Cheffi affirme aussi qu’il suffit de jeter un coup d’œil sur le dossier de l’affaire pour se rendre compte des nombreux vices de forme qu’il contient. L’intervenant a réitéré l’appui de l’Union générale tunisienne du Travail au professeur et  son rejet catégorique de tout recours à la violence aussi bien physique que verbale.

Le représentant de l’Observatoire des libertés académiques a, en outre, qualifié le procès de persécution, chose inadmissible dans une période post révolutionnaire. Nous rappelons que le professeur comparaîtra pour la 3ème fois devant le tribunal aujourd’hui.

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