Perspectives économiques

Il est incontestable que tous les indicateurs de l’équilibre économique passent au rouge. La sortie de ce marasme nécessitera beaucoup de travail et coûtera cher au pays, surtout que nous récupérons déjà d’une situation économique difficile de l’ère de Ben Ali, aggravée par une crise économique et financière mondiale et par les désordres socio-économiques post -révolutionnaires dans le pays.

L’année 2012 était encore l’année de l’insécurité, des perturbations sociales et des protestations contre le chômage. La dégradation du niveau de vie des plus démunis et même de la classe moyenne avec des augmentations de prix dans presque tous les secteurs est devenue insoutenable pour le budget des ménages.

Le budget 2012 a suscité une myriade de réserves et commentaires dont ceux se rapportant aux taux de croissance et au déficit budgétaire. S’agissant du développement régional, le taux des investissements réalisés en 2012 était seulement de 28 % par rapport aux prévisions budgétaires. Il semblerait même que le taux des investissements réalisés à Kasserine en 2012 était seulement de 0.4 % par rapport aux prévisions budgétaires pour ce gouvernorat. Le gouvernement est loin d’avoir réussi ses objectifs budgétaires de 2012 et il est regrettable et anormal qu’il ne s’explique pas sur les écarts entre les réalisations et les prévisions budgétaires, sachant que nous avons parié sur les investissements dans les régions pour résorber le chômage.

Le budget 2013 table sur un taux de croissance de 4.5 %. Ce taux de croissance sera difficile à réaliser compte tenu du climat politique et social sévissant dans le pays et de la situation économique internationale. Le déficit budgétaire prévu en 2013 sera de 5.9 %, avec des crédits extérieurs à obtenir à hauteur de 6,7 milliards de dinars. L’obtention de ces crédits sera difficile compte tenu des difficultés actuelles du pays, de la dégradation de la notation accordée à la Tunisie et surtout que nous avons déjà un fort endettement extérieur.

Par ailleurs, il est à espérer que le déficit budgétaire pour 2013 n’atteindra pas des niveaux alarmants sachant que la norme du déficit budgétaire admise est au maximum de 3 %. En tout état de cause, il faudra impérativement trouver des sources de financement internes:

La Tunisie aurait été en meilleure posture sociale et financière si elle avait pu récupérer une partie de l’argent détourné par les anciens dirigeants. Le montant estimé de cette fortune se monte à 12 milliards de dinars, soit presque la moitié du budget de l’Etat. Le gouvernement actuel doit s’activer pour œuvrer à la récupération de cet argent, qui permettra, une fois récupéré, de donner une bouffée d’oxygène aux caisses de l’Etat.

De même, pour contribuer au financement interne de notre budget, une réforme fiscale immédiate, au nom de la justice fiscale, permettrait d’augmenter les recettes budgétaires supplémentaires.

 

Mohamed Maazoun :

Expert comptable diplômé de France
Ex-Commissaire aux Comptes près la Cour d’appel de Paris
Expert International.

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