L’affaire Instagram s’amplifie : analyse et explications.

Dans le but étant de monnayer ses services, l’application photo a pris le risque de modifier ses règles de confidentialité. Et depuis, c’est la catastrophe! L’affaire Instagram s’amplifie: les membres s’indignent et se révoltent au point que même une plainte collective a été déposée. Une tel tollé ne suscite-t-elle pas des explications? Quelles sont alors les dessous de cette affaire, qui font qu’elle ne faiblit pas?

Il lui a suffi de modifier sa politique de confidentialité, pour qu’en moins d’une semaine, l’application se voit mettre à dos tous ses utilisateurs. Une inquiétude quant au respect de la vie privée de ses usagers. Ceci dit, fallait-il vraiment en arriver là?  Retour sur cette histoire, pour tenter de comprendre les faits.

Avril 2012 : Facebook tente le tout pour le tout et s’offre Instagram, un investissement record !

A cette époque, le réseau social proclamait son entrée à Wall Street, mais l’effet yoyo s’est fait ressentir dès l’entrée en Bourse. Par ailleurs, Facebook avait des problèmes de monétisation de son audience mobile, il cherchait alors à rassurer ses investisseurs. Il décide dès lors d’investir en rachetant Instagram pour le montant fou de 747 millions de dollars. Une stratégie insensée? Certes, mais facile à expliquer!

Effectivement, en ce temps-là, Instagram était tellement amadoué, que Facebook a misé le tout pour le tout, afin de se l’approprier, avant que des géants comme Apple, Google ou Twitter ne mettent le grappin dessus.

Le 12 décembre : Facebook veut changer les règles de confidentialité et combiner ses données avec celles de ses partenaires!

Une nouvelle politique de confidentialité est établie qui prévoit de nouvelles fonctionnalités pour contrôler la vie privée, autorisant la combinaison de sa base de données avec celles de ses partenaires, dont notamment Instagram. Un verdict soumis aux membres du réseau social, fut sans appel. Avec un NON à plus de 88%, Facebook ne sollicitera plus ses membres.

Le 18 décembre : Instagram change lui aussi sa politique de confidentialité!

C’est au tour d’Instagram de changer les paramètres de ses règles de confidentialité. En effet, six jours après l’annonce de Facebook, l’application photos ajuste sa politique, adoptant ainsi une juxtaposition de ses données avec le réseau social: « Vous acceptez qu’une entreprise ou toute autre entité puisse nous payer pour afficher votre nom et profil d’utilisateur, vos photos (…) en lien avec des contenus payants ou sponsorisés, sans que cela ne vous donne droit à une compensation », un paragraphe qui n’a laissé personne indifférent. Ainsi, en s’inscrivant sur Instagram, l’abonné accepte de facto  la capitulation d’une licence  « Royalty Free » à l’application, libre d’en faire usage qui s’étend même à la cession.

Du jour au lendemain Instagram se rétracte!

Devant le scandale général, Instagram fait marche arrière et va même jusqu’aux excuses, plus ou moins maquillées. Le 19 décembre, l’application photos revient au texte original et promet de développer plus explicitement la portée et les objectifs de toute modification ultérieure.

La victoire ne serait-elle que d’apparence, le texte de base ne demeure toujours pas formellement expliqué.

Vendredi 21 décembre, Instagram : objet d’une plainte collective!

L’abandon des mises à jour d’Instagram n’a apparemment pas apaisé la colère de ses membres. En effet, une « class action » vient d’être intentée aux États-Unis. En effet, le cabinet d’avocats Finkelstein and Krinsk a porté plainte devant la cour de San Francisco : « Instagram s’approprie les droits de propriété de ses clients tout en se protégeant de toute responsabilité», lançant par ailleurs, un recours collectif afin d’interdire à l’application de partage de photos en ligne, de changer ses règles d’utilisation. Mais Facebook réplique et promet de la « combattre vigoureusement».

En conclusion, services gratuits et respect de la vie privée, quelles sont les limites ?

Facebook, Instagram et tant d’autres sociétés lucratives sont des sociéts qui se nourrissent de nos données d’utilisateurs et qui tentent de les monnayer le plus lucrativement possible. Un débat est ainsi relancé sur la gratuité de ces services qu’on nous propose et le respect de la vie privée. Internet, gratuité et vie privées font-ils bon ménage? Quelles sont les limites, ou plutôt, est-ce qu’elles existent vraiment?

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