Le Père Noël, on y croit…

On suit depuis quelques jours le débat à la Constituante sur le projet de loi de finances 2013. Un moment clé de l’avenir économique de notre pays durant lequel, on crut comprendre que le souci majeur des gouvernants actuels était de garder la main sur le long terme et, dans la foulée, « pigeonner » les démocrates qui croient encore au Père Noël. En ces temps de fête chrétienne c’était un peu prévisible, nous dira-t-on. Notre gouvernement est dans l’ère du temps. Et puis, où est le mal si on va se mettre tous à croire au Père Noël, si, en contre partie, on aura notre petit cadeau. C’est vrai que dans notre cas de figure, le barbu ne vient pas du froid glacial du nord, mais plutôt du sahara qatarie. Mais qu’importe, comme on dit, l’argent n’a pas d’odeur et de ce fait il est difficile de se rendre compte qu’il est sale.

Pour revenir à notre budget. On nous a donc promis qu’on ira loin et que désormais la route est balisée. Pourtant, à les écouter, les informations de tous les jours, on se rend vite compte qu’il n’est pas forcément très conseillé en ce moment d’aller loin sur les routes, beaucoup sont coupées pour l’argument réputé fallacieux de promesses non tenues. Les promesses politiques, avait dit un politique qui s’y connaissait, sont faites pour les imbéciles qui y croient. Au vu des évènements persistants chez nous, on dirait que les imbéciles n’y croient plus. Certains prétendent que nos gouvernants avancent à l’aveuglette, mais il ne faut pas crier sur les toits ce genre d’évidence. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. A contrario, toutes les âneries ne sont pas permises dans les contes de fées et de fous. Il vaut mieux souvent se taire quand on n’a rien à dire. Et dans notre cas de figure, il aurait mieux valu ne pas promettre une croissance de 4,5% pour 2013, pour que quelques heures plus tard, on se fasse pincer par le gouverneur de la BCT qu’on a, pourtant, tout fait pour imposer à ce poste.

Tout cela pour dire qu’on nous mène en bateau. Et encore, en ramant à contre-courant. A moins que, bien sur, si on commence à faire rentrer dans les statistiques les chiffres de l’économie souterraine qui prospère à vue d’œil sans que l’on y trouve à redire, en tout cas pas dans la réalité observable de tous les jours. Tout se passe comme si, à l’image très symbolique des débats de l’ANC, il y a deux pays distincts qui se côtoient mais qui ne se reconnaissent pas. Il est évident que la politique est actuellement entre les mains d’amateurs désireux de se conforter dans l’idée qu’ils tiennent leur pouvoir de la Providence. Il est tout de même inutile de rappeler que la providence ne suffit pas à elle seule à donner du grain à moudre au moulin du développement tant promis. Les polémiques font rage et tiennent beaucoup plus des jeux de cirque qui amusent le bon peuple, à défaut de pain et de berlingots de lait. L’agenda économique n’est peut être pas tout dans la vie, mais il n’en demeure pas moins le premier quoiqu’en disent les vedettes des shows sur les plateaux de la Constituante.

Alors, on fait quoi, maintenant ? On peut toujours s’accrocher aux promesses d’un lendemain meilleur. On peut toujours croire aux miracles pour imaginer qu’une baguette magique nous fera sortir de l’auberge. Pour le moment, le débat sur le futur ne se lance pas du tout sur les moyens à mettre en œuvre pour réussir le décollage promis par les uns et les autres. Il n’y a d’ailleurs pas de miracle à attendre, encore moins de manne céleste, qatarie ou autre, pour ranimer la flamme qui vacille dangereusement.

On pourra toujours croire que les coupures sur le budget de la présidence sauveront la mise…

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