Djerba, Nidaa Tounes et l’informel…

Après les évènements de Djerba et le sabotage du meeting de Nidaa Tounes, Beji Caïd Essebsi  n’a pas mâché ses mots. Pour le leader de Nidaa Tounes, « la liberté d’expression est finie ». Encore une fois, il accuse Ennahdha de vouloir étouffer toute expression adverse, au mépris des règles de la démocratie et de la bonne concurrence.

Le 22 décembre à Djerba, est un jour où le peuple tunisien s’est fait pour la énième fois manipulé. Pour la énième fois, divisé.  Et pour la énième fois, il s’est  trouvé  face à des discours de haine et de violence, dont les auteurs,  ne mesurent les conséquences qu’à l’aune de leurs intérêts étroits « diviser pour mieux régner ».

L’instrumentalisation de la mort Salah Ben Youssef, contestée par sa propre famille, revient à nourrir des divisions qu’on pensait enterrer à jamais, des divisions dont seul le peuple paiera les frais. Djerba n’a jamais été, comme certains tendent à le faire passer pour justifier l’injustifiable, un fief des Youssefistes.  Et les Djerbiens  ne sauraient méconnaître une histoire qui a fait d’eux ce qu’ils sont. Une population pacifiste, modérée, pour qui l’intérêt de la Tunisie passe avant toute considération. Sauf qu’à défaut de légitimité opérationnelle qui repose sur une vraie capacité d’agir sur les maux qui minent une société en dépression, on cherche à s’octroyer une « certaine » légitimité historique.

Le 22 décembre à Djerba, on aurait applaudi des deux mains, une manifestation pacifique contre Caid Essebesi et son parti.  On se serait félicité d’avoir vécu le jour où les différentes tendances peuvent se côtoyer sans pour autant s’entretuer. Mais, le scénario était autre. Et la violence a été encore une fois au rendez-vous.

Le 22 décembre à Djerba,  au-delà  du face-à-face renouvelé entre adversaires politiques, et  des montages médiocres qui tentent de trouver des fondements pour les scènes désolantes auxquelles on a assisté au casino de Djerba, on a pu voir, dans les rues, se renforcer la fissure  entre société déprimée et politiciens en rage. On a pu toucher du doigt la déception et l’exaspération grandissantes d’un peuple lassé d’un jeu politique de bas-niveau. On a vu s’évaporer des espoirs.

A Djerba, on a vu aussi des hôtels vides ou presque, des souks désertés, des artisans inquiets, des cafés plein à craquer de chômeurs…Mais, si tous les indicateurs n’étaient pas au rouge, celui de l’informel était au top. L’économie informelle bat son plein à Djerba. Les produits de contrebande s’affichent, sans honte aucune, sur les marchés. Et l’informel s’institutionnalise.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here