Programme d’appui des bailleurs de fonds à l’entrepreneuriat et à l’innovation

Une croissance économique durable et la réduction du taux de chômage, en particulier celui qui affecte les jeunes diplômés, représentent les grands défis auxquels la Tunisie est confrontée. Ainsi, pour relever ces challenges, le pays doit obligatoirement assurer la compétitivité de ses Pme, qui représentent 95 % du tissu entrepreneurial tunisien, qui confronté à l’ouverture des marchés, notamment celui de l’Union Européenne, doit demeurer très compétitif.

Le développement de l’innovation et de l’entrepreneuriat, qui sont au cœur de la stratégie tunisienne, et prêchés à cor et a cri par les organisations patronales (l’UTICA et la CONECT), jouent aujourd’hui un rôle primordial. Les conditions-cadre, les différentes offres de formation, de prestations de services et de promotions, mises actuellement à la disposition des Pme ne répondent pas aux besoins réels du monde de l’entrepreneuriat pour relever le défi de la compétitivité.

Conscients de ces facteurs, les différents bailleurs bilatéraux (GIZ, l’AFD, US Aid, etc.) et multilatéraux (la Délégation de l’Union Européenne, l’ONUDI, etc.) se sont fixés comme objectif de faire profiter le secteur des Pme d’un meilleur système de promotion dans les domaines de l’innovation et de l’entrepreneuriat, à travers une politique cohérente et efficace.

Partant du principe que l’innovation est indissociable de la formation professionnelle, la politique des bailleurs de fonds consiste à financer entre autres des formations pratiques qui se grefferont sur des diplômes techniques (ex : brevets de techniciens supérieurs), à associer des formateurs provenant du monde de l’entreprise à ceux du public, développer une pédagogie de la culture entrepreneuriale à travers des modules certifiés et reconnus sur le marché du travail et développer le concept de l’entreprise d’entrainement, dont l’avantage consiste en un encadrement très individualisé des diplômés stagiaires.

Signalons par ailleurs, qu’un pool de compétences locales, financé par la Coopération allemande, dans le domaine du conseil en innovation a déjà été mis en place, à travers des sessions de formations, associées à des interventions pilotes auprès de soixante dix neuf Pme. Il ressort ainsi d’un sondage effectué auprès des entreprises participantes à ce programme, que la créativité des collaborateurs s’est accrue, que la communication interne a été améliorée et que de nouveaux outils ont été utilisés pour une meilleure gestion des projets innovants. A travers ce genre de programme, les entreprises tunisiennes ont fini par apprendre à évaluer et gérer les risques liés à l’introduction de nouveaux produits sur le marché.

Par ailleurs, pour favoriser la création d’entreprises avant l’obtention d’un diplôme universitaire, les bailleurs de fonds ont mis l’accent sur la composante « entrepreneuriat » qui vise l’implémentation d’un système d’informations, orienté vers la demande des entreprises et qui harmonise les exigences financières et techniques. En effet et dans ce contexte, les exigences spécifiques des différents groupes-cible, tels que les Tunisiens issus de la diaspora, les diplômés du supérieur et les femmes, ont été prises en compte. Ces dernières, ont pu bénéficier de conseils visant à concilier leur vie de famille et leur vie professionnelle.

Afin d’encourager la création d’entreprises, la Coopération allemande a mis en place un système qui vise la mise en valeur des dotations factorielles des différentes régions tunisiennes, en tenant compte des avantages comparatifs régionaux, à savoir les ressources naturelles, les secteurs économiques dynamiques et les infrastructures disponibles. Pour se faire, la GIZ a contribué à la mise en place de structures d’appui qui travaillent en réseau au niveau régional et ainsi des synergies ont été développées dans le but de répartir le travail entre ceux qui conseillent, accompagnent et financent les jeunes entrepreneurs à formuler des projets de création solides et pérennes. Actuellement, six réseaux locaux sont opérationnels dans les villes de Sidi Bouzid, Gafsa, El Kef et Kasserine. Le but de ses structures est la facilitation de l’entrepreneuriat, le système de réseautage entre les différentes parties prenantes que sont les associations d’appui aux initiatives privées, les Pme locales et les conseillers qui fournissent les mesures d’accompagnement aux jeunes promoteurs.

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