Hollande en Algérie

Accompagné d’une délégation importante de 200 personnes dont neuf ministres, une douzaine de responsables politiques, une quarantaine d’hommes d’affaires, des écrivains, des artistes et une centaine de journalistes, le président François Hollande est arrivé ce matin à Alger pour une visite d’Etat, les 19 et 20 décembre 2012.

 Le traumatisme du passé colonial

Face à une population partagée entre ressentiment et fascination pour l’ex-puissance coloniale, le président français aura à accomplir une triple mission: cicatriser les plaies, encore béantes du passé, développer les  échanges économiques entre les pays et adresser un message d’espoir à la jeunesse algérienne.

Lors de cette visite, l’hôte de l’Elysée entend réussir là où ses prédécesseurs ont trébuché. En 2003 et 2004, Jacques Chirac avait été accueilli dans la liesse. Mais l’année suivante, une loi visant à inscrire dans les manuels scolaires français « le rôle positif » de la colonisation avait suscité l’indignation générale. Quant à Nicolas Sarkozy, il était chaleureusement accueilli à Alger en décembre 2007, mais la réception dans la foulée de sa visite d’associations de Harkis avait jeté un froid glacial sur cette visite.

 François Hollande et son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, tenteront donc de trouver un terrain d’entente  en proclamant une «déclaration conjointe» à défaut d’un «traité d’amitié.»

Business et géopolitique

Le chef de l’État algérien espère conclure avec la France un «partenariat d’exception», tandis que son hôte souhaite nouer à cette occasion «un dialogue politique sur les grands enjeux internationaux», à commencer par le Mali. En effet, Paris voudrait obtenir l’appui de l’Algérie, puissance régionale, à une intervention internationale dans le nord de ce pays, contrôlé par des islamistes radicaux.

Concernant le volet économique, l’Algérie et la France vont procéder à la signature de sept à huit accords touchant plusieurs secteurs dont la défense, l’industrie, l’agriculture, la culture, l’enseignement et la formation.

L’un des projets portera sur la construction près d’Oran, dans l’Ouest de l’Algérie, d’une usine de montage de Renault susceptible de produire, à compter de 2014 ,au moins 25 000 véhicules par an.

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