Toujours pas d’estimations exactes des fonds détournés !

 

Depuis la chute de l’ancien régime, beaucoup a été dit au sujet de la restitution des avoirs mal acquis placés à l’étranger. Plusieurs colloques ont été organisés sur ce qui peut être fait et sur les obstacles à surmonter. Une stratégie nationale de recouvrement des avoirs à l’étranger a été élaborée. Un comité national de recouvrement des Biens mal acquis existant à l’étranger a été mis en place, sous la tutelle de la Banque centrale et chargé de la coordination et de la conduite des procédures de recouvrement des biens mal acquis situés à l’étranger. Des  procédures ont été lancées pour identifier, confisquer et recouvrer lesdits biens.

Aujourd’hui,  14 décembre 2012,  c’était  l’ouverture à Tunis d’un colloque international sur la restitution des avoirs mal acquis placés à l’étranger qui se tient (durant deux jours) en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

L’objectif étant  de mettre l’accent sur  l’intensification des efforts de la Tunisie et les perspectives de leur consolidation à la lumière des expériences comparées. Hamadi Jebali, Premier ministre, Noureddine Bhiri, ministre de la Justice, et Chedly Ayari,  Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie, étaient présents.

Les représentants de la société civile, de partis politiques  et de la presse, présents dans la salle, s’attendaient à ce que de grandes avancées soient annoncées. Mais les discours  inauguraux de ce colloque  n’ont rien apporté de nouveau si ce n’est l’interpellation par les autorités des Seychelles de Sakhr El Materi, gendre du président tunisien déchu, annoncée par Noureddine Bhiri, ou encore la persistance  d’un pays arabe et frère à priver la Tunisie des avoirs gelés depuis des mois malgré les justificatifs apportés  en la matière.

Des appels ont été lancés à la société civile et aux médias pour soutenir les efforts consentis afin de rapatrier les biens détournés. « Qu’est-ce que ça coûterait aux médias de diffuser des appels  de mobilisation aux pays amis et frères pour aider la Tunisie à rapatrier ses fonds ? », lance Noureddine Bhiri pour qui la question de la restitution des avoirs gelés à l’étranger est, au-delà de la valeur matérielle qu’elle peut générer, un véritable défi aussi bien pour le gouvernement provisoire,  la société civile  que pour toutes les forces vives du pays.

C’est aussi selon lui, « une occasion pour les pays frères et amis de  faire un geste d’amitié sincère à l’égard d’une Tunisie postrévolutionnaire » .

Toujours pas d’estimations  précises

Pour le reste, on n’a toujours pas d’estimations  précises sur les montants et la répartition des avoirs détournés à l’étranger. « On n’a pas de chiffres. On n’a pas d’estimations exactes. On intensifie les efforts pour identifier, confisquer et recouvrer les biens. La restitution demeure  un processus difficile, complexe et prend du temps. C’est un processus semé d’embûches et de risques.  Et c’est la raison pour laquelle nous nous déployons à affûter  nos mécanismes juridiques et techniques pour parvenir à contourner les tentatives de détournement, toujours pratiqués par les membres de l’ex-famille au pouvoir. On aura à faire aussi avec la lenteur des procédures  judicaires dans les pays en question»,  indique Chedly Ayari.

Un colloque de plus

Un colloque de plus sur la restitution des avoirs mal acquis placés à l’étranger, où les bonnes intentions ont été renouvelées. Mais on dit souvent que  les bonnes intentions ne sont que de vœux pieux. Encore faut-il transformer l’essai et avancer tous ensemble. A défaut de pouvoir le faire dans un futur proche, notre gouvernement gagnerait à s’intéresser également aux richesses internes du pays qui, malheureusement, ne cessent de se dégrader de jour en jour.

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