L’UGTT annule la grève de demain dans « l’intérêt du pays »

« La situation actuelle dans le pays nous pousse à l’apaisement », ce sont les mots prononcés par Houcine Abbassi à la sortie de la réunion du comité administratif de l’UGTT qui a duré plus de 7 heures aujourd’hui, pour annoncer finalement l’annulation de la grève.

Il s’explique: « nous avons choisi l’apaisement,  vu la situation particulière par laquelle passe le pays et vu la condamnation du gouvernement des actes de violence dont a été victime l’UGTT. » Le secrétaire général de la centrale syndicale a par ailleurs annoncé la création d’une commission d’investigation sur les évènements de la place Mohamed Ali qui devrait, selon lui, donner  ses résultats dans un mois et dix jours.

Dans le même sens, et à la sortie de la réunion qui a eu lieu à l’hôtel le Diplomate, Hfeidh Hfeidh, a fait valoir le sens civique de la centrale syndicale qui a pris en compte la situation sécuritaire explosive par laquelle  passe le pays ces derniers jours, une situation marquée par « des activités de groupes armés à la frontière avec l’Algérie ». « L’Ugtt sera la première à défendre le pays,  son unité et sa sécurité », a-t-il indiqué à la presse présente en grande nombre dès le matin.

Les deux hommes ont toutefois salué le soutien de tous les militants et sympathisants de l’UGTT qui ont manifesté depuis les dernières violences  « un soutien sans faille ». Ils ont aussi appelé « à la vigilance et à l’unité autour de l’Union, contre ce qui se trame contre elle publiquement et dans le secret ».

Déception à la place Med Ali

Dès l’annonce de l’annulation de la grève, la foule présente à la place Mohamed Ali dès le matin a scandé son soutien à toute décision de l’Ugtt. Il n’en est pas moins vrai qu’on sentait une certaine amertume. « Nous continuerons toujours à soutenir l’UGTT, mais on aurait aimé qu’elle maintienne  sa décision de grève », nous dit l’un d’entre eux, pour qui la décision de faire la grève dépasse les agressions dont ont été la cible les locaux du syndicat, mais une manifestation du refus de la politique du gouvernement et surtout des comités de sauvegarde de la révolution devenus « une menace pour la stabilité du pays ».

Une amertume qu’on avait senti dès le matin à l’hôtel où se tenait la réunion du comité administratif, après que des militants ont réussi  à s’introduire à l’intérieur de la salle de la réunion pour faire pression sur les membres de la commission, afin de maintenir la grève. « Tout autre décision serait une trahison de la volonté des syndiqués », criait l’un d’entre eux.

Des pressions qui n’ont pas eu de répercussion sur la décision finale. Cela, en attendant le développement les jours qui viennent, surtout qu’après l’ultimatum d’un mois et dix jours donné au gouvernement pour donner son rapport sur l’agression, rien n’est joué d’avance.

Reste aussi à savoir maintenant quelle serait la réaction des comités de sauvegarde de la révolution et surtout comment  agira le gouvernement avec ces derniers.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here