Oui à un gouvernement de technocrates, non à la loi sur l’exclusion

Sur un  ton plus serein que d’habitude, sans gages ni sous-entendus dont il a l’art, hier soir sur Nessma Tv, Béji Caïd Essebsi  s’est montré plus « conciliant ». Que ce soit sur les derniers évènements de Siliana, le discours du président provisoire Moncef Marzouki, ou même sur l’exclusion des anciens membres du parti dissous du président déchu, il s’est toujours dit pour « le rassemblement des Tunisiens pour le bien de la Tunisie ». C’était l’intervention d’un président d’un parti qui se considère désormais comme incontournable sur l’échiquier politique.

Sans vouloir vraiment s’arrêter sur les derniers évènements de Siliana, passant outre les accusations « infondées »  sur l’implication de son parti dans les insurrections, le président de Nidaa Touness, dit surtout vouloir en tirer les leçons. « Il est inutile aujourd’hui  de surenchérir sur le drame qui vient d’avoir lieu. Il faut plutôt savoir comment faire pour que ce précédent ne se répète plus. C’est impératif, si on veut vraiment réfléchir en termes de ce qui est meilleur pour ce pays ».

Et malgré l’insistance des journalistes sur le plateau, qui revenaient chaque fois sur les faits, l’ancien Chef du gouvernement refusera de s’en prendre à Hamadi Jebali, son successeur. « J’ai de la considération pour le poste qu’il occupe et je sais que ce n’est pas facile et qu’on peut se tromper ».

Béji Caïd Essebsi, comprend les difficultés, mais il ne ménage pas pour autant le gouvernement actuel qui devrait, selon lui, démissionner le plus vite possible pour laisser la place à un gouvernement restreint de compétences, dans lequel  « les ministères de souveraineté doivent revenir à des personnalités reconnues et indépendantes », précise-t-il.

Il loue, à ce propos, le discours de Marzouki, qui lui aussi, a appelé à un  gouvernement technocrate. «Un discours responsable dans lequel le président a joué son rôle, celui d’un magistère. On dit souvent qu’il n’a pas de prérogatives. Ce n’est pas vrai. Il a un pouvoir moral, celui de  rassembler le peuple lors des moments de crise ».

Comme Marzouki, Béji Caïd Essebssi serait donc pour un gouvernement de technocrates, provisoire, surtout que pour lui, la Constitution peut être achevée en un mois pour être soumise à un référendum au début de l’année prochaine. « Ce sera possible si les membres de l’Assemblée Constituante  s’occupent seulement de la rédaction du projet de la Constitution tout au long du mois de décembre ». dit-il.

Revenant sur la loi sur l’exclusion des anciens membres du RCD, il confirme qu’elle a été « montée de toute pièce pour l’exclure » et Béji Caïd Essebsi a indiqué que cette loi ne passera pas.  Nidaa Tounes est devenu,  selon ses dires, incontournable et le Tunisien ne laissera pas faire. On ne laissera pas le parti islamiste Ennahdha jouer cavalier seul.

« L’exclusion des ex-responsables du RCD, dont le CPR en a fait un refrain, reviendrait à priver le peuple de son droit d’élire ceux qui le représentent », a indiqué l’ancien Chef du gouvernement. « En tout cas qu’ils se rassurent, je n’ai pas l’intention de me présenter, j’ai donné la preuve lorsque j’étais Chef du gouvernement. J’invite le gouvernement actuel à faire pareil et à ne pas prendre part aux prochaines élections, comme l’avait fait le gouvernement de transition en 2011 », dit-il non sans un petit point d’ironie.

Béji Caïd Essebssi, revient, par ailleurs, lors de cette interview, sur l’affaire Ltaïef. Il l’a fait pour marquer son dégoût de voir ces « gardiens de la révolution » faire la loi, après l’attaque dont  cet homme d’affaires a été victime samedi dernier. « Cela nous montre encore une fois que le gouvernement n’arrive toujours pas à assurer la sécurité. Que l’Etat est inexistant ».

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