« Le scalpel », roman tunisien censuré en Arabie-Saoudite

L’autorité saoudienne vient d’interdire un roman tunisien de langue arabe Le Scalpel de Kamel Riahi. 
Même si le printemps arabe se veut annonciateur de liberté, d’affranchissement et de bouillonnement culturel, il n’en est pas de même pour l’ensemble des pays arabes, l’époque de la censure n’est pas encore révolue.

Edité pour la première fois en 2006, ce roman avait obtenu un réel succès littéraire et tous les exemplaires  de la première édition avaient été vendus en l’espace de quelques mois. Suscitant la polémique en pleine période dictatoriale à cause de l’audace de l’auteur et les tabous abordés, les journalistes pro-RCD de l’époque n’avaient pas raté l’occasion de s’acharner contre l’écrivain et son œuvre et ceci pour avoir dénoncé et disséqué le corps d’une Tunisie souffrante.

« Le Scalpel », plusieurs fois primé et réédité à trois reprises

Suite à une certaine pression médiatique internationale, les autorités tunisiennes ont lâché du leste ce qui a permis à Kamel Riahi en 2007 de confirmer son succès en remportant le Comar d’or. En 2009, il remporte aussi le prix du concours littéraire Beyrouth 39 et est choisi parmi les cinq meilleurs romanciers qui ont participé au prix Booker, durant deux éditions successives. En 2012, la prestigieuse maison d’édition libanaise « Dar-Assaki »  met sous presse la troisième édition du roman.

Offusqués par la teneur de son contenu, les Saoudiens appliquent la censure

La rédaction de l’Economiste Maghrébin a contacté l’écrivain qui lui a confirmé la censure imposée à cette œuvre qui fait l’apologie d’un univers romanesque, osé et basé sur le sexe et les personnages marginaux. Il faut avouer aussi que même les  tabous religieux n’ont pas été épargnés.

La réponse de l’éditeur a été résumée en ces termes : «  La maison d’édition Dar-Assaki, vient de m’informer que les exemplaires de mon roman sont interdits au territoire saoudien selon son distributeur officiel. Je m’inquiète de voir la censure frapper de nouveau. Le lecteur n’a pas besoin d’être orienté dans ses lectures par une autorité religieuse ou politique. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, les saoudiens sont des lecteurs assidus, autrement dit à cause de cette décision, je risque de perdre une partie de mon lectorat ».          

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