Evènements graves à Siliana : dégâts et bras de fer

C’est à une véritable « intifada » locale à laquelle les forces de l’ordre font face, depuis deux jours à Siliana. On parle de 200 à 300 blessés selon certaines sources, alors que le directeur de l’hôpital annonce que le premier jour, il y a eu 22 blessés et que le deuxième jour ce sont 148 blessés qui se sont présentés aux urgences. 16 le premier jour et 17 blessés le deuxième jour ont été dirigés sur des centres ophtalmologiques à Tunis pour bénéficier des soins appropriés. Les blessures les plus graves sont en effet constatées au niveau des yeux et dues aux jets des bombes lacrymogènes et aux tirs de chevrotine.

Deux “postes de police brulés” et le bâtiment de la « Wilaya » attaqué par des pierres et cocktails Molotov.

Il faut noter que ces évènements ont été relayés par un nombre impressionnant de journalistes locaux et étrangers. Certains n’ont pas été épargnés par les risques du métier. Ainsi, le correspondant de la chaîne de télévision France 24, David Thomson, a déclaré qu’il avait été blessé par le tir d’une grenade lacrymogène à la jambe et qu’il avait du quitter Siliana pour revenir à Tunis.

Les revendications de la population de Siliana tournent autour des points suivants : l’arrêt immédiat de l’utilisation des armes à cartouches, le départ des forces de l’ordre venues en renfort, la mise en exécution de projets favorisant le développement économique et l’emploi dans la région et le départ immédiat du gouverneur que les mauvaises langues disent être le neveu de Hamadi Jebali (propos démentis par ce dernier).

Hamadi Jebali qui dément être parent avec le gouverneur, demeure son seul soutien

Le gouverneur, Ahmed Ezzine Mahjoubi, est resté (apparemment)  imperturbable et décidé à poursuivre sa mission «quoi qu’il arrive». Contesté par la population, lâché par le bureau régional d’Ennahdha qui lui demande de démissionner dans une démarche d’apaisement, Ahmed Ezzine Mahjoubi se retrouve dans une situation qui n’est pas très enviable. Son seul soutien est venu de la part d’Hamadi Jebali qui a déclaré, dans une démarche de préservation de la crédibilité et du prestige de l’appareil de l’État, qu’il n’était pas question de céder à ces adeptes de la déraison et du « Dégage ».

Sami Tahri (UGTT), éclipse “les postes de police brulés” par les manifestants et pointe du doigt le gouvernement

De son côté, Sami Tahri, secrétaire général adjoint et porte-parole de l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens (UGTT), particulièrement impliqué au cœur de ces évènements, a qualifié, sur l’ensemble des ondes FM, les derniers évènements de Siliana, de “crime de guerre”, justifiant ses propos par le fait que les renforts sécuritaires envoyés de Tunis emploient de “nouvelles armes”. Il a aussi accusé le gouvernement d’avoir cherché l’escalade de la violence, afin d’expérimenter de nouvelles armes à Siliana !

Sami Tahri reproche aussi au gouvernement de ne pas avoir réagi au préavis de grève générale à Siliana et de ne pas avoir invité les syndicats à dialoguer et négocier sur les revendications de la population.

Par question, pour le moment,  de dégager le gouverneur !

Notons, enfin,  qu’une délégation de l’ANC conduite par la 1ère vice-présidente de l’Assemblée, Mme Maherzia Labidi, comprenant notamment des élus de la région et des représentants des différents groupes parlementaires doit être reçue par le ministre de l’Intérieur pour discuter des évènements de Siliana.

Ali Laarayeth n’a pu que leur promettre de stopper l’utilisation de tirs de chevrotine. Quant au départ éventuel du gouverneur, qui dépend directement de ses prérogatives, il n’a pu que leur promettre d’étudier la question avec Hamadi Jebali.

 

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