Zoom sur le film Palestinien « When I saw you » de Anne Marie Jacir

Après la réussite de son premier film « Sel de la mer » qui l’a dévoilée au public, voici que la réalisatrice palestinienne, Anne Marie Jacir, affine son talent avec un deuxième opus « When I saw you » qui a reçu le prix du meilleur film arabe au festival international du film d’Abu Dhabi. Projeté à la salle de cinéma Le Mondial, dans le cadre des Journées Cinématographiques de Carthage, samedi 17 novembre, il n’est pas passé inaperçu.

Palestine vue par un enfant

Loin des sentiers battus de la monotonie et de la redondance, la réalisatrice indépendante implique le spectateur dans le récit grâce au regard de Tarek, un enfant âgé de 11 ans, lors de son entrée au camp de réfugiés avec sa mère ( le rôle de l’enfant est interprété par Mahmoud Assef). Et là, il convient de rappeler que ce n’est pas toujours évident de réaliser cette prouesse technique. Il suffit de se rappeler de « La vie est belle » du réalisateur italien Roberto Benigni ou de « Boite magique » du réalisateur tunisien Ridha Béhi.

Tarek, enfant intelligent et curieux, s’insurge contre tout : sa situation de réfugié, son instituteur, sa mère  et finit par  quitter le camp  pour essayer de rentrer au pays. Il se retrouve dans un camp d’entrainement de militants palestiniens avec lesquels il partagera l’immense rêve : celui de la victoire et du retour au pays. Tarek, les yeux pleins d’innocence, d’interrogation et de curiosité, provoque la sympathie du spectateur.

Palestine, mère des préludes et des épilogues

De bout en bout la Palestine traverse le film. Le pays colonisé, bien qu’il soit absent géographiquement, est présent à travers la souffrance, les souvenirs, les réminiscences et les discussions  des réfugiés dans le camp  jordanien  Al-Harrir. L‘ancrage spatio-temporel, à savoir 1967, oriente le spectateur vers le conflit arabo-israélien, un conflit qui ne date pas d’hier bien entendu.

Cela n’étonne pas si la réalisatrice a choisi de fixer sa caméra sur les souffrance de son peuple et véhiculer à travers le film un esprit nationaliste et identitaire à la fois, qui est le droit au retour des Palestiniens.

Traitement poétique d’une cause politique

Durant 94 minutes, on se trouve face à une Palestine perçue comme un rêve lointain, voire inaccessible, d’un enfant. C’est pour cette raison d’ailleurs que la nostalgie du pays, de la patrie et de la terre alimente cet opus qui n’est pas uniquement la défense de la cause palestinienne, mais aussi un traitement esthétique d’un sujet à polémique.

Grâce à plusieurs facteurs, le film est une réussite technique : le choix des acteurs – notamment du jeune Mahmoud Assef -, les paysage naturels qui défilent tout au long du film et l’absence de toute idéologie politique explicite. A voir.

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