Prêt à aider la Tunisie, le FMI apporterait assistance technique et peut-être même des concours financiers

Comme nous l’avions déjà annoncé sur ces mêmes colonnes, une conférence sur les perspectives économiques de la Tunisie et ses rapports futurs avec la région MENA (Middle East and North Africa) a été organisée le 14 novembre 2012, par le Fonds Monétaire international (FMI) et la Banque centrale de Tunisie au grand auditorium de la BCT.

Présidée conjointement par Messieurs Chédly Ayari, Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) et David Lipton, le Premier directeur général adjoint du Fonds Monétaire international (FMI) a, à cette occasion, estimé que « les progrès de la transition politique laissent substituer des incertitudes réduisant la confiance et contribuant au ralentissement de l’économie. Le rétablissement de l’économie n’est pas suffisant pour réduire le chômage et restaurer la croissance », rappelant aussi que les révolutions arabes avaient été nourries par des mécontentements économiques autant que politiques. Se contentant d’un rôle d’appui technique auprès de la Tunisie, David Lipton a aussi déclaré que « dans le futur, le FMI est prêt à fournir une assistance financière à la Tunisie ». En Égypte, autre pays du printemps arabe en transition, un prêt de 4,8 milliards de dollars est actuellement en discussion.

Ralentissement économique, incertitudes et perspectives de croissance limitée

Le FMI a révisé à la baisse ses prévisions pour la Tunisie par une perspective de croissance de 2,5 à 3 % pour 2012, et de 3,3 à 3,5 % pour 2013. Cette tendance négative serait en rapport direct avec la courbe de la croissance mondiale.

En tenant compte de ces perspectives de croissance limitée, le gouvernement tunisien avait préparé, les semaines dernières, tant bien que mal un projet de loi de Finances pour 2013. Et c’est ainsi que des mesures fiscales ont été annoncées dont certaines ont tout de suite été annulées après discussions avec les secteurs concernés. Son objectif premier étant de mobiliser des ressources supplémentaires (+ 9% de recettes fiscales), pour réduire le déficit public en dessous de 6% du PIB, alors que les dépenses de développement sont en recul par rapport à 2012.

Déclaration de David Lipton, à l’issue de sa visite en Tunisie

Après avoir rencontré les plus grandes personnalités du pays ainsi que certains hommes d’affaires tunisiens, à l’issue de son séjour en Tunisie, David Lipton, Premier Directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), a fait la déclaration que nous reprenons ci-après dans son intégralité :

 « Ce fut un grand plaisir pour moi de venir en Tunisie, où j’ai eu des entretiens fructueux avec le Président, M. Moncef Marzouki, le chef du gouvernement, M. Hamadi Jebali, le président de l’Assemblée constituante, M. Mustapha Ben Jaafar, le Gouverneur de la Banque centrale, M. Chedly Ayari, et d’autres hauts fonctionnaires.

  «Je suis venu ici pour écouter et j’ai beaucoup appris en ce qui concerne les intentions des autorités de renforcer la confiance dans l’économie tunisienne et de la placer sur une trajectoire durable de création d’emplois et de croissance solidaire. Je me suis entretenu aussi avec des représentants des entreprises, qui m’ont informé des problèmes auxquels le secteur privé est confronté du fait de la faiblesse de l’économie mondiale et des difficultés internes. »

  «Cette visite m’a donné aussi l’occasion de rencontrer des participants tunisiens lors d’une conférence sur les perspectives économiques en Tunisie, organisée conjointement par la Banque centrale de Tunisie et le FMI.

«Après mes entretiens, je suis maintenant plus convaincu que jamais que les pays en transition de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, tels que la Tunisie, doivent œuvrer avec la communauté internationale, leurs partenaires régionaux et les investisseurs privés pour saisir une occasion historique de réaliser une croissance dynamique et de créer des emplois.

Pour un secteur privé dynamique et la mise en place d’un climat d’affaires propice à l’investissement

«Il faudra approfondir l’intégration commerciale, améliorer le fonctionnement des marchés du travail, mieux aligner l’éducation sur les besoins du secteur privé et mettre en place un climat des affaires propice à l’investissement pour encourager la création d’emplois et lutter contre le chômage élevé. Un dispositif efficace de protection sociale qui protège ceux qui en ont le plus besoin doit venir en complément d’un secteur privé solide qui crée des emplois.»

 «Le FMI et les conseils qu’il prodigue s’adaptent à l’évolution de la situation mondiale, y compris dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Le FMI collabore avec les pays arabes en transition : il leur donne des conseils sur la façon de gérer les chocs de manière à préserver la stabilité économique, de veiller à ce que les ménages vulnérables soient protégés pendant la transition et d’établir les fondements d’une croissance créatrice d’emplois. Bon nombre des problèmes dans les pays arabes en transition n’ont pas de solutions toutes faites ; il est nécessaire d’agir avec de nombreux partenaires pour s’y attaquer.

 «Le FMI est prêt à aider la Tunisie par ses conseils de politique économique, son assistance technique et, si cela est jugé approprié, ses concours financiers. Le FMI poursuivra son engagement aux côtés des autorités tunisiennes en leur fournissant des conseils et en soutenant leurs projets de réforme au moyen d’une assistance technique.»

 

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