Chers investisseurs, cassez vos tirelires !

Il est difficile pour un investisseur en Bourse de ne pas remarquer les difficultés qui ont accompagné chaque mois d’octobre des trois dernières années. D’abord, en 2010, il y a eu l’annonce de l’inoubliable imposition sur les plus-values provenant de la cession des actions des sociétés cotées, suite à laquelle le TUNINDEX a perdu 9,81% et n’a jamais pu revenir depuis à son niveau. En 2011, c’est au tour de l’organisation de la première élection démocratique de la nouvelle Tunisie. L’indice phare de la Place de Tunis est resté stable et n’a perdu que 0,03% de sa valeur. Enfin, cette année, la peur de ce qui peut se passer le 23 octobre a infligé au marché un nouveau coup dur. A la fin de la journée du 22 octobre, le tableau faisait état d’un recul de 3,16% pour le TUNINDEX et de 3,18% pour le TUNINDEX20 depuis le début du mois. Ce dernier a même retrouvé le territoire négatif. L’hémorragie des points s’est arrêtée par la suite, après la multiplication des initiatives politiques et la période post-23 octobre s’est soldée par une hausse 1,86%.

A partir du mois de novembre, nous devrions nous attendre à ce que les augmentations de capital votées par les actionnaires commencent à se concrétiser. Il s’agit, bel et bien, de sept opérations qui vont lever plus de 240 MDT. La part du lion sera sollicitée par la STB (émission de 20 340 000 d’actions nouvelles à souscrire en numéraire à raison de neuf actions nouvelles pour onze actions anciennes, au prix d’émission de  8,000 DT, dont 5,500 DT libérés en 2012). Cette augmentation de capital viendrait consolider les fonds propres de la banque fortement affectés par son exercice catastrophique en 2011. Il y a également l’opération de Carthage Cement qui compte émettre 20 710 506 d’actions nouvelles à souscrire en numéraire à raison de 9 actions nouvelles pour 49 anciennes, soit 62 131 518 DT. A noter que le ministère des Finances a lancé, ce 29 octobre 2012, l’appel à manifestation d’intérêt en vue de la cession des actions de la société Bina Corp, dont l’Etat est le principal actionnaire, et qui détient un bloc de contrôle de 50,24% du capital de Carthage Cement. Est-ce que l’Etat a donc l’intention de participer à cette opération ou laissera cela à la charge du nouvel acquéreur ? Question à suivre.

Il y a également trois sociétés de leasing qui comptent renflouer leurs caisses pour éviter le problème de manque des ressources de refinancement. La plus importante opération est celle de Tunisie Leasing qui compte lever 22 000 000 DT par l’émission de 1 000 000 d’actions nouvelles au prix de 22,000 TND. On trouve également El Wifack Leasing qui cherche 13 000 000 DT par l’émission de 1 000 000 actions nouvelles à souscrire au prix de 13,000 DT et ATL qui compte émettre 6 000 000 d’actions nouvelles au prix de 3,000 DT. Enfin, il y a SITS, qui souffre d’une dette financière nette élevée puisqu’elle est en plein phase de construction, qui compte émettre 2 600 000 d’actions à 3,000 DT et les AMS qui comptent lever 6 057 940 DT par l’émission de 1 211 588 actions nouvelles à souscrire à 5 DT avec la parité de 7 actions nouvelles pour 20 anciennes. A noter que nous n’avons pas tenu compte de l’opération d’Amen Bank dont l’augmentation de capital sera réservée à l’International Finance Corporation et/ou deux fonds d’investissement ICF Capitalization ou Africa Fund.

Vraisemblablement, toutes les sociétés sont en train d’attendre l’amélioration des conditions de marché pour procéder à la levée effective. Mais pour le moment, les conditions économiques et politiques ne sont pas porteuses. Selon les chiffres de l’INS, et au cours des neuf premiers mois de l’année 2012, les échanges commerciaux de la Tunisie avec l’extérieur ont enregistré en volume (prix constant) une baisse à l’export de 1.9% et une augmentation de 10.5% à l’import. L’inflation persiste et reste à 5,7%. Les dernières augmentations des prix de certains produits alimentaires ne feront pas l’affaire. D’autre part, la décision de la Banque Centrale de durcir l’accès aux crédits à la consommation risque de freiner, temporairement, la croissance du pays, bien que le maintien des équilibres macroéconomiques prime actuellement.

Néanmoins, le TUNINDEX a clôturé la semaine sur une note positive de 0,51% à 4908,96 points, ramenant ses gains annuels à 3,95% le volume reste faible à 14,170 MTND. La semaine a enregistré le retour en grâce de la BIAT de 7,82% à 65,750 DT, qui s’est accaparée la première place du podium des hausses hebdomadaire. Elle est suivie par SERVICOM (+6,28% à 12,350 DT) et STIP (+5,91% à 2,330 DT). Le retour de l’intérêt semble être motivé par l’annonce de l’intention de l’Etat de privatiser la société.  Au plus bas du tableau, nous retrouvons la STEQ qui a glissé de 16,65% à 6,910 DT.

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