Faire feu de tout bois pour atteindre un chiffre d’affaires de 60 millions de dinars

Dans un entretien accordé à l’Economiste Maghrébin, le docteur Abdelmajid Krifa, directeur général de la SIPHAT, qui a pris ses fonctions en juillet 2012, se montre optimiste quant à l’avenir de cette entreprise pionnière de l’Industrie pharmaceutique en Tunisie, en dépit des pertes provoquées par l’incendie du 28 septembre 2012, d’origine criminelle, qui a totalement détruit une chaîne de commande de l’unité de production dans l’entreprise.

Quel a été l’impact réel de l’incendie sur la production de la Siphat?

Sans nulle intention de marginaliser l’impact psychologique et social de  la gravité de l’acte criminel, l’unité de production des sirops et des suspensions buvables qui a été détruite ne représente que 7% de la capacité de l’entreprise, étant donné que la Siphat produit une gamme très large d’environ 173 présentations commerciales. 70% de ces produits sont sous formes de comprimés, de pommades et de suppositoires, liquides (ampoules injectables, les solutés massifs et les produits pour dialyse).

Reste qu’il ne faut pas minimiser les pertes provoquées par cet acte criminel avec préméditation et qui sont estimées quotidiennement, entre sept et neuf mille dinars selon le produit, en tant que manque à gagner en production et en chiffre d’affaires.

En cette période de transition,  entre l’automne et l’hiver, où le besoin devient accru en matière de sirops et de suspensions buvables pour les rhumes, les bronchites et toute autre maladie respiratoire, on s’attend également et suite à l’arrêt de l’unité de commande de la chaîne de production, à une pénurie au niveau du marché d’approvisionnement en ces produits.

Quelles sont les mesures prises par l’entreprise pour faire face à cet éventuel manque et réduire le risque d’acte criminel à zéro?

En premier lieu, il est important de remercier les efforts déployés par tout le personnel à Siphat. En effet, grâce à l’équipe hautement qualifiée et expérimentée, la production a déjà repris manuellement  pour tenter de faire baisser les pertes aux environs de trois mille dinars par jour.

Dans le même temps et dans quelques jours, nous examinerons les demandes des soumissions pour une nouvelle acquisition d’un nouvel automate et d’un nouvel ordinateur de commande pour la reprogrammation de la chaîne, dont le coût s’élève à deux millions de dinars. Dans ce sens, une consultation élargie a été lancée.

Sur le plan sécuritaire, l’entreprise a l’intention de renforcer le système de surveillance au niveau de certains points critiques à couvrir par des caméras de surveillance, une vigilance encore plus accrue des agents de la sécurité a été aussi  de mise afin d’appliquer strictement les procédures de sécurité. Toutefois, les tentatives d’actes de sabotage ne peuvent être nulles. Et pour cause, l’acteur principal de l’incendie est un employé de l’intérieur de l’entreprise en charge de fermer la dernière porte en fin de service et remettre les clés à la sécurité.

Ceci étant, la SIPHAT démontre qu’il est toujours possible d’améliorer la production?

Le chiffre d’affaires de la Siphat est de 50 millions de dinars. La tendance de la production et du chiffre d’affaires est en hausse. Nous avons réalisé le meilleur chiffre d’affaires au mois d’août 2012, en comparaison des mois d’août des cinq années précédentes. Il importe aussi de signaler que le mois d’août 2012 a enregistré une hausse du chiffre d’affaires estimée à 35% par rapport au même mois de l’année 2011 et une augmentation de 38% par rapport au mois de juillet 2012. La hausse continue également pour le mois de septembre 2012.

Quels sont les principaux défis auxquels fait face l’entreprise?

Il est vrai que tout le secteur des médicaments semble à la croisée des chemins de la contrebande et des actes d’incendie, affectant ainsi, le taux de consommation locale et perturbant le rythme d’approvisionnement du marché en Tunisie. Sans oublier que le marché tunisien en médicaments est couvert à concurrence de 45% à 55% par 28 laboratoires nationaux de production, le reste étant importé.

Dans ce sens, la Siphat, contribue en moyenne à 15% de la production nationale du marché. Ses principaux défis sont essentiellement d’augmenter le rendement et la productivité. Nous ciblons des niches de productivités qui sont très importantes. Notre entreprise continue à assumer sa mission de régulateur du secteur pharmaceutique et du marché national en suivant une politique commerciale basée sur des coûts hautement compétitifs et sur la diversité de ses produits.

Nous nous sommes principalement engagés à établir une stratégie de planification et de mise en œuvre, suite à la période de crise par laquelle est passée la Siphat, due aux tensions sociales et aux tiraillements politiques entre plusieurs parties prenantes.

L’important est de redonner une confiance totale aux agents dans leur entreprise et d’assurer des conditions de travail sereines. L’objectif  vise à augmenter la capacité de production permettant d’atteindre un chiffre d’affaires dépassant les 60 millions de dinars et à consolider les acquis, dans une symbiose totale entre la direction et les agents de toutes les catégories et structure représentatives.

Nous sommes persuadés qu’aucune direction d’entreprise ne peut travailler contre les intérêts ou sans l’adhésion de son personnel à son projet de redressement et de développement.

 

 

 

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