Déséquilibre financier & début d’un dialogue national

Les hauts responsables du ministère de la Santé tirent la sonnette d’alarme pour crier haro au déséquilibre financier et au déficit des offres en matière des services de santé.

En effet, c’est sans surprise que le chargé de mission auprès du ministère de la Santé, Mohamed Meftah, a annoncé, lors d’un point de presse périodique, le 9 octobre 2012, que le chiffre précis des dettes du ministère de la Santé, s’élèvent à 400 millions de dinars, soit plus de 100 millions de dinars sont au passif des hôpitaux régionaux – la dette des établissements de santé publique (ESP) envers les institutions nationales a atteint les 94 millions 485 mille dinars en 2011 et la dette des établissements hospitaliers  s’élève à 5 millions 940 mille dinars – et  285 millions de dinars réservés à la pharmacie centrale; même si, cette dette a baissé en comparaison avec l’année 2010 (soit 103 millions 736 mille dinars) et ce suite au règlement d’une partie de la dette de la pharmacie centrale.

Quant aux hôpitaux locaux, leur dette est estimée à 7 millions 915 mille dinars. Les unités de la santé de base sont endettées à hauteur de 572 millions de dinars de dettes et les centres spécialisés pour 171 millions.

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Un travail colossal attend le gouvernement dans la gestion de l’endettement 

Une situation, pour le moins alarmante, quand s’y ajoute les importantes dépenses sociales, à hauteur de 7 millions 205 mille dinars en 2011, qui n’ont fait que détériorer les établissements sanitaires.

Un autre mal, qui continue de ronger le secteur, est la corruption identifiée dans la mauvaise gestion de certains responsables et ex-responsables administratifs opérant dans le secteur. Mohamed Meftah, n’a pas lésiné sur les exemples en affirmant que « nous avons découvert dans un établissement de santé à Tunis, que le nombre des heures de travail perdues, au cours de l’année 2010, s’élevait  à 15 mille 514 jours ».

De ce fait, une cellule spécialisée dans la détection des dépassements et des infractions enregistrés dans le secteur de la santé a été créée et 12 dossiers de corruption ont été transmis à la justice.

Un travail de titan semé d’embûches attend toutes les parties prenantes pour l’essor du secteur de la santé. Dans ce sens, le dialogue national, sur la réforme des politiques, des stratégies et des plans nationaux de santé, qui a été lancé  le 8 octobre 2012 et qui s’étalera sur une année, en six étapes, devient une urgence. Puisque, selon le chef du gouvernement Hamadi Jebali, qui a inauguré le démarrage de ce dialogue, son objectif essentiel est de   » promouvoir le rendement du système de santé en Tunisie à travers l’ouverture d’un débat entre toutes les parties concernées, dans le cadre d’une approche participative, afin d’aboutir à l’élaboration de stratégies globales en matière de santé et des plans d’action efficaces visant à répondre aux aspirations des citoyens, tout en tenant compte des potentialités disponibles, plus particulièrement, des équilibres financiers de l’Etat « .

Il s’agit de revoir, d’une manière radicale les choix précédents, de promouvoir les prestations de santé de base ainsi que le secteur privé, appelant ainsi toutes les composantes de la société à apporter leurs suggestions pour développer les prestations sanitaires dans tout le pays.

Grève des médecins

Le syndicat régional des professionnels de la santé publique décide l’entrée en grève 

Reste qu’en raison de cette situation souffreteuse du secteur de la santé, dans le corps des hospitalo-universitaires, le malaise est encore palpable. D’ailleurs le syndicat national des médecins, pharmaciens et dentistes hospitalo-universitaires semble, principalement depuis le début de ce mois d’octobre 2012, déterminé à revendiquer la régularisation de la situation des HU, la valorisation des activités de soins et la reconnaissance effective de toutes les activités d’enseignement, d’encadrement et de recherche.

En conséquence, le secrétaire général du syndicat régional des médecins, pharmaciens et dentistes de la santé publique, Mohamed Hedi Souissi, a annoncé l’entrée en grève du secteur, le 10 octobre 2012, suite à l’échec des négociations menées avec le ministère pendant deux mois et la non satisfaction des revendications des médecins.

Ces revendications sont d’ordre social, matériel et structurel car elles concernent la réforme des services d’urgence dans les hôpitaux publics. Le non paiement, depuis janvier 2011, des primes de garde assurées par les médecins du service d’aide médicale urgente (SAMU) et l’exclusion des médecins, pharmaciens et dentistes de la santé publique des négociations relatives aux augmentations salariales spécifiques qui ont bénéficié aux médecins universitaires, professeurs universitaires et magistrats, figurent, également, parmi les revendications du corps médical.

 

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