Grogne chez les magistrats

 « La récente révocation des juges, le dernier mouvement des magistrats avec à la prime  la promotion de certains juges connus, du temps de Ben Ali, pour  soumission aux instructions et la nomination unilatérale de Nouredine Bhiri, le ministre de la Justice, des membres du pôle de justice financière, sont des ingérences inadmissibles du pouvoir exécutif après la révolution».

 Ce sont les propos de la présidente de l’Association des magistrats tunisiens (AMT), Kalthoum Kennou, lors d’un sit-in observé, aujourd’hui jeudi 4 octobre 2012, au siège sis au palais de la justice à Tunis.

Ce sit-in a lieu en signe de contestation contre le mouvement opéré dans le corps des magistrats au titre de l’année 2012, contre le Conseil supérieur de la magistrature jugé être dépourvu de toute légitimité, en plus de la lenteur dans la création d’une instance provisoire de la justice judiciaire.

Le juge Abdelfatteh Khorchéni, membre du comité exécutif de l’AMT venu du sud de la Tunisie (Médenine), va plus loin en pointant du doigt les décisions du ministre Bhiri qui, aux dires du juge,  « n’a ni une vision, ni même un programme relevant du dossier des magistrats. Il s’agit d’une fuite en avant ».

Dans le même sens, un autre juge, membre de l’AMT, Anass Elhmaydi, lance un appel à l’ANC quant à la promulgation de la loi portant création d’une instance provisoire de la magistrature. Cette structure indépendante du pouvoir exécutif  (représenté par le ministère de la Justice) serait uniquement au service du justiciable en particulier et du pays en général.

En somme, par ce sit-in, l’AMT appelle le ministre de la Justice à reconsidérer ses décisions qui ont affecté la situation fragilisée des magistrats concernés par le récent mouvement.

Reste que, du côté du ministère de la Justice, Noureddine Bhiri, voit en cette réaction des magistrats un esprit frondeur et a exprimé ses craintes que ce mouvement de sit-in  soit politisé, particulièrement, en se basant sur les prévisions du 23 octobre 2012 et l’éventualité d’un vide constitutionnel; même si une telle accusation non fondée est rejetée par les membres de l’AMT.

Ainsi,le ministre de la Justice, tout en qualifiant « le mouvement de magistrat de positif et révolutionnaire », a mis en garde les magistrats contre des provocations de désordre et leur a demandé d’assumer pleinement leurs responsabilités.

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