Croisade contre le fléau de la contrebande de fer

Encore une fois le feuilleton de la contrebande de fer, en provenance de l’Algérie, continue de semer la zizanie et menace sérieusement, cette fois-ci,  la pérennité des usines de production de fer de construction dans le pays.

De hauts responsables des ministères de l’Industrie, de l’Equipement et de l’habitat et du Commerce et de l’artisanat, tous réunis, le 2 octobre 2012, lors d’un point de presse au palais du gouvernement à la Kasbah, ont tiré haut et fort la sonnette d’alarme.

« Le taux de dégradation des ventes du fer de construction, enregistré lors des huit premiers mois de l’année 2012, a baissé de 39% », a alerté le directeur général des industries mécaniques et métallurgiques au sein du ministère de l’Industrie, M. Brahim Chalbi.

Selon les affirmations du même DG des industries mécaniques et métallurgiques au sein du ministère de l’Industrie, « la production des usines de fer tunisiennes s’élève à 800 mille tonnes par an, contre une baisse remarquable du volume de la consommation locale, qui oscille entre 500 et 600 mille tonnes annuellement ». Chiffres peu rassurants.

Pis encore, les unités tunisiennes de production de fer destiné à la construction sont réellement menacées de fermeture à terme. En raison de la contrebande du fer qui inonde notre territoire, des milliers de main d’œuvre qualifiée seraient en butte au chômage technique à cause de la fermeture de certaines sociétés. Puisque le secteur de construction, offre prés de 2 mille emplois directs et plus de 7 mille autres indirects.

Quant à la qualité du fer importé illégalement des pays voisins, particulièrement de l’Algérie, Mourad Guizani, chef de service à la direction générale des données civile au ministère de l’Equipement et de l’habitat, en dit long sur le danger d’utiliser le fer de béton importé de sources inconnues. « Un danger pour la solidité des constructions et pour leur capacité à résister aux secousses telluriques » a-t-il précisé.

Veiller au grain n’est guère facile pour les douaniers. Le directeur général des recherches douanières à la direction générale de la Douane, Abdelaziz El Gatri, a donné des précisions sur les quantités de fer saisies, qui ont atteint 800 tonnes, au cours des neufs premiers mois de 2012. Le 28 septembre 2012, il y a eu saisie de neuf camions chargés d’une grande quantité de fer, de carburant et de matériel électronique, d’une valeur totale estimée à 500 mille dinars en provenance de l’Algérie.

A préciser que les saisies ont eu lieu dans le sud ouest de la Tunisie. Pour les plus grandes quantités essentiellement à Kasserine, Gafsa et le grand Tunis.

Le haut responsable de la douane, a même déclaré que « les contrebandiers dans ces régions collectent les quantités de fer dans les grandes fermes de Kasserine et Gafsa et utilisent des supports développés pour éviter les points de contrôle douanier », tout en exprimant l’intention des services de la douane d’intensifier les opérations de contrôle des circuits de distribution y compris les points de vente des matériaux de construction et les chantiers de bâtiment publics et privés.

De son côté, et dans l’objectif de lutte contre le trafic illégal de fer de béton provenant de l’Algérie, le directeur général des études et recherches économiques au ministère du Commerce, Chokri Darouiche a évoqué une rencontre de sensibilisation que le ministère va organiser, le 4 octobre 2012 à Tunis, sur le thème « Le fer de la contrebande menace la sécurité des constructions ».

Le ministère du Commerce a également entamé, depuis le début de ce mois d’octobre 2012, la diffusion de spots publicitaires sur les chaînes de télé et les radios et aussi des publicités dans les journaux pour sensibiliser aux risques de l’utilisation du fer commercialisé clandestinement.

Ainsi, La perspective d’un plan de sauvetage du secteur de la construction se fait, chaque jour, plus pressante avec l’affluence accrue de l’importation illégale de fer de béton.

 

 

 

 

 

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