Campagne préventive ou manœuvre électorale?

photo de marzouki

Le président provisoire de la République tunisienne, Moncef Marzouki, effectue, aujourd’hui 18 septembre, une visite aux alentours des lieux du naufrage du chalutier de fortune, survenu dans la nuit du 6 au 7 septembre 2012, à 20 km de l’île de Lampedusa, a  annoncé un communiqué de la présidence, invitant, dans l’après-midi du lundi 17 septembre, les journalistes à accompagner Marzouki dans cette visite.

Reste que l’intérêt de cette visite est difficile à saisir quand tout le monde sait déjà que malgré tous les efforts déployés, dix jours durant, les investigations tuniso-italiennes n’ont malheureusement pas abouti à localiser le lieu du naufrage, ni à trouver  trace de l’embarcation fantôme. Il y aurait même une hypothèse d’un débarquement forcé des passagers à proximité de l’île rocheuse de Lampione, (sise à 17 km de la plaque continentale africaine), puis, semble-t-il, la barque aurait fait demi-tour pour rentrer en Tunisie.

Les tentatives d’immigration vers l’Europe ne s’estompent pas, même avec l’avènement de la révolution du 14 Janvier 2011. L’hécatombe se poursuit.

Et la responsabilité de ces drames ne revient pas uniquement aux autorités sécuritaires, chargées de surveiller le trafic des passeurs mafieux qui exploitent de manière éhontée la détresse des jeunes Tunisiens qui aspirent à une vie meilleure, même au mépris de leur propre vie. C’est aussi à toutes les parties prenantes du gouvernement, de l’Anc et de la présidence que revient une grande part de la responsabilité. Puisqu’ils sont dans l’incapacité  de susciter en eux l’espoir d’une vie décente, de trouver des solutions adéquates aux problèmes sociaux de ces jeunes (emploi, pauvreté, sécurité…).

C’est dans ce sens que l’on continue à s’interroger sur l’intérêt de la visite médiatique du chef de l’Etat  au large des îles italiennes, dans nos eaux territoriales. Cette visite serait-elle le coup d’envoi d’une campagne préventive qui prendrait à bras-le-corps l’affaire des Harragas? Ou alors une énième manœuvre électorale en ces heures délicates de l’histoire du pays, où les tractations préélectorales entre partis au pouvoir et opposition font rage?

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