Tant d’embûches pour un pacte social en Tunisie

21ème forum de l'Atuge

Comment peut-on parler de développement régional alors que des sit-in bloquent les routes nationales? Comment discuter de création de valeur alors que des grèves bloquent des pans entiers de l’économie tunisienne? Comment concevoir la création d’emploi alors que la plupart des entrepreneurs doutent de l’avenir du pays et de la sécurité de leurs investissements? Tant de problématiques révélatrices et qui n’auraient qu’une réponse unique: une nouvelle Tunisie, un nouveau contrat  social. Tel est le thème fondamental de la 21ème édition du forum de l’Association des Tunisiens des grandes écoles (Atuge).

Ce forum annuel, qui se veut pour la promotion et le développement de l’entrepreneuriat, s’est tenu le 13 septembre 2012 au palais des congrès de Tunis et a vu l’affluence de plus de 30 entreprises et au-delà de 2000 jeunes.

L’Etat, par l’intermédiaire de son ministre des Affaires sociales et de quelques hauts responsables du même département, l’organisation patronale de l’Utica, représentée par sa présidente Wided Bouchamaoui et grand nombre d’hommes d’affaires, ont tous marqué de leur présence les travaux de ce forum. Seule l’Ugtt a été la seule partie prenante dans le consensus du pacte social à manquer à l’appel, où le non-dit a été explicitement affirmé.

Et ce dès l’ouverture de la séance plénière avec le président de l’Atuge Tunisie, Walid Gueddas, qui n’a pas manqué l’occasion de souligner l’acuité du rôle de l’Etat d’assurer les chances de chacun, dans un nouveau contrat social qui offrirait la possibilité de relever tous les défis dans le pays.

Atuge

Et pourtant, ce pacte social devrait, selon le ministre des Affaires sociales, Khélil Zaouia, passer par « un rapport de confiance entre tous les partenaires et intervenants de la société ». Chose assez difficile si ce n’est pas compliquée et assimilée, par le même ministre, à «un puzzle à monter », eu égard aux conjonctures actuelles dans le pays ou ailleurs. Le ministre des Affaires sociales, du parti Ettakatol, a été conscient de l’instabilité de la situation politique actuelle où la quasi-totalité des partenaires n’ont « en tête que les prochaines échéances », ajouté à cette instabilité politique, « une crainte sociétale globale ». Et par conséquent, « tout s’arrangera, quand l’équilibre politique s’installera, puisque tous les Tunisiens cherchent à être rassurés globalement».

Dans ce sens, le ministre n’a pas manqué de citer les efforts de son ministère pour « assurer plus d’équité entre les régions et faire de la Tunisie un pays prospère et émergent ». Toujours selon ses propos, il a annoncé « la prochaine signature de ce nouveau contrat social, qui pourrait garantir une paix sociale, le 14 janvier 2013.

Reste que, concrétiser ce nouveau contrat social, aux dires de l’ancien ministre des Finances, Houcine Dimassi, présent à la conférence plénière d’ouverture, semble toute une autre affaire, voire même« infaisable dans un contexte flou ».

Ainsi, Dimassi se montre intransigeant en soulignant l’importance non seulement de  « substituer un discours de dialogue de conciliation, à un discours de surenchère, mais surtout de substituer les débats stériles faux-identitaires à des débats économiques; ce sont les deux critères pour parvenir à l’élaboration de ce pacte social crucial et fondamental».

En somme, la séance plénière d’ouverture de ce forum a été une rencontre entre spécialistes, experts et hommes d’affaires qui ont, à l’unanimité, pointé du doigt les soucis de tous les Tunisiens, en termes de contraintes et de frustrations économique, politique et sociale, en cette période de transition qui n’en finit pas.

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