Le drame des « Harraguas » ressurgit

Pas moins de soixante-dix jeunes migrants tunisiens sont portés disparus après le terrible naufrage de leur embarcation de fortune à travers laquelle ils tentaient de rejoindre clandestinement l’île italienne de Lampedouse. C’est à 22 km de cette île sicilienne que deux cadavres ont été repêchés, vendredi 7 septembre et 56 personnes ont été sauvées.

Des vedettes des garde-côtes, de la police financière, des carabiniers, des hélicoptères et  trois bâtiments de l’Otan – un italien, un allemand et un turc – poursuivront les recherches « aussi longtemps qu’il y aura un espoir de trouver des survivants », a indiqué, samedi 8 septembre, le porte-parole des garde-côtes italiens.

Selon l’organisation « Save the children », prés de cinq mineurs font partie des survivants. Les rescapés ont témoigné que 136 migrants, dont dix femmes et six enfants, avaient embarqué un bateau de pêche d’une dizaine de mètres de long au départ de Sfax.

Selon l’Afp, Mme Giusi Nicolini, maire (gauche écologiste) de Lampedusa, s’est dite profondément « peinée pour les victimes de la tragédie », appelant à ne « jamais s’habituer à ces drames, à l’idée qu’aujourd’hui encore traverser la Méditerranée à la recherche d’un travail ou d’une vie digne est de l’ordre de la roulette russe ». Le Premier ministre italien Mario Monti, dans une interview à l’agence de presse Ansa, a appelé à affronter le problème des migrations, en se gardant de toute réaction raciste, tout en soulignant sur l’importance « de ne pas faire semblant de ne pas voir le problème ».

L’ampleur de cette tragédie semble incontestable avec ce nombre de victimes qui ont péri au large de l’île de Lampedouse. Et pourtant, il continue de régner comme une sorte d’omerta sur l’affaire; puisque, ni le Président provisoire, ni le chef du Gouvernement provisoire n’ont jugé utile d’intervenir, pas même pour exprimer leur regret sincère du renouvellement de ce genre de drame.

Seule une déclaration officielle, venant, deux jours après l’avènement du drame, de la part du ministre des Affaires étrangères, Rafik Abdesslam, invité au journal télévisé de 20h00 de la Watania 1, dimanche 9 septembre, annonçait qu’ « une cellule de crise, après la disparition de plusieurs dizaines de Tunisiens au large de Lampedouse, a été mise en place ». L’invité, responsable des affaires étrangères, a également ajouté que « les représentants de la diplomatie tunisienne en Italie ont été mobilisés sur place, afin de suivre la situation sur les lieux de la catastrophe, le secrétaire d’Etat chargé de l’immigration doit également se déplacer ce lundi en Italie pour suivre de près l’évolution de la situation ».

Selon la porte-parole du Haut commissariat de l’Onu pour les réfugiés en Italie, Laura Boldrini, « l’afflux en provenance d’Afrique du Nord a connu une réduction drastique, même si plus de 7.000 personnes ont débarqué sur les côtes italiennes, venant surtout de Libye, de Tunisie et d’Egypte », alors qu’en 2011, environ 50.000 Tunisiens étaient partis pendant le «Printemps arabe».

Reste que, ces mesures, le moins qu’on puisse dire ordinaires de la part du gouvernement tunisien, ne seraient pas, à elles seules, capables de mettre un terme définitif  à ce fléau de l’immigration clandestine, même s’il a diminué en comparaison à l’année précédente.

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