Transport aérien face à l’obstacle du pétrole

Le rally récent sur les valeurs risquées a à peine bénéficié au secteur aérien qui a sous-performé sur le dernier mois le principal indice arabe – S&P PANARAB COMPOSITE INDEX – (+0,61% vs. +2,43%).

En effet, les compagnies aériennes constituent un risque pur, ce secteur combinant aussi bien du levier opérationnel que des bilans tendus et une exposition indirecte aux marchés de l’énergie. La dernière partie de cette équation impossible explique, sans doute, la sous-performance du secteur, alors que les cours du pétrole ont atteint de nouveaux sommets sur fond de préoccupations relatives aux régions de la Mer du Nord/Golfe du Mexique/Iran. Pas de chance en quelque sorte.

Au niveau des compagnies, il est curieux de voir que Jazeera Airways  (Achat, Koweït) a continué son plan de reprise (des bénéfices record au S1 2012) et s’apprête à lancer une très importante recapitalisation d’environ 56 M€ pour une capitalisation boursière actuelle autour de 283 M€. De même, Air Arabia (Achat, Émirats Arabes Unis) a affiché des résultats opérationnels et financiers extrêmement positifs au cours de ce premier semestre. D’ailleurs, le titre sur la place de Dubai est bien apprécié par les investisseurs, affichant une performance positive de 1,25% sur le dernier mois et 10,4% depuis le 1er janvier 2012 (la meilleure parmi les transporteurs aériens couverts par AlphaMena).

Pour Tunisair (Achat, Tunisie), ce premier semestre a signé finalement le retour de la croissance après un 2011 désastreux, marqué par la chute de l’activité et les turbulences sociales au sein de la compagnie porte-drapeau de la Tunisie. Le management de la compagnie de l’État espère que la montée des cours du brut n’obère pas la rentabilité opérationnelle de Tunisair, puisque l’activité a repris à un rythme record.

Le secteur repose ainsi plus que jamais sur la capacité du management à optimiser le « time table » de leur compagnie et la maîtrise de leurs coûts opérationnels, notamment les charges de personnels (18% des revenus pour notre couverture du secteur transport aérien).

Du point de vue de la valorisation, le secteur reste un cas impossible, avec une croissance des bénéfices qui part dans tous les sens, notamment à cause de Tunisair. Les niveaux de valorisation semblent toutefois attractifs, mais qui sont toutefois extrêmement volatiles. Trop beau pour être vrai.

En fait, les compagnies aériennes doivent donc être considérées comme des options d’achat sur la non réalisation d’un ensemble de risques, à condition que tout se passe bien simultanément. Pas un pari évident.

 

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