Les «Profit warning» déferlent au Maroc

Sur le dernier mois, les alertes sur les ventes et « profit warning » consécutifs dans la Bourse de Casablanca sont de forts signaux de la confirmation d’une année 2012 qui ne devrait pas enregistrer la reprise des actions marocaines. D’ailleurs, les valeurs marocaines affichent la pire performance parmi les pays couverts par AlphaMena.

Depuis le 1er janvier, les titres marocains ont chuté de plus de 11,5% (-9,39% en valeur médiane), contre un gain global de 8,19% pour l’univers AlphaMena. Curieusement, sur le dernier mois après la publication de ces alertes, notre couverture marocaine a réussi à limiter les dégâts et à afficher même une performance positive à 1,14%.

Les entreprises marocaines ont fortement souffert des difficultés économiques de l’Europe et de la dégradation du climat socioéconomique du pays. D’ailleurs, Delta Holding (Alléger, Maroc) a lancé un cri d’alarme en annonçant une baisse de l’ordre de 20% de son CA et de la dégradation attendue de ses marges au S1 2012. Le management a invoqué, outre la conjoncture économique difficile, les perturbations liées aux revendications sociales (occupation des sites par d’anciens ouvriers temporaires) qui ont causé le blocage de la production dans plusieurs sites/filiales de Delta Holding.

Ainsi, ces avertissements consécutifs expliquent en partie la méfiance des investisseurs envers les actions marocaines manifestée depuis le début de l’année.

Il est clair que la vraie question qui s’impose est l’identification du point d’entrée. Les valeurs marocaines se paient 13,5x les BPA 2012, pour une croissance anticipée des bénéfices à 10,5%. Il n’est pas à exclure une révision à la baisse de la croissance des profits de 2012 sur la base des résultats S1 2012.

En termes relatifs, la prime actuelle de 15,9% (sur la base du PE) des sociétés marocaines est inférieure à la moyenne historique (18,9%). Cependant, la croissance des BPA 2012 attendue à 10,5%, soit le meilleur taux sur les quatre dernières années, pourrait justifier la prime de 15%. Le potentiel fondamental de notre couverture marocaine s’est amélioré par rapport au début de l’année et s’établit désormais à 9,92%.

Toutefois, le sentiment du marché ne semble pas suivre l’amélioration des ratios de valorisation des valeurs marocaines et reste toujours défavorable. Un véritable dilemme pour les investisseurs: 1/ savoir attendre encore puisque le marché ne croit pas encore à la reprise des valeurs marocaines; ou bien 2/ commencer finalement à croire au potentiel fondamental des sociétés de l’Atlas…

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