Halte à la contrebande!

La prolifération du phénomène de contrebande de fer de construction, particulièrement depuis le début 2012, semble le souci majeur du ministère de l’Industrie. Quel en est l’impact sur l’économie tunisienne? Quelles seraient les mesures à entreprendre afin de contrecarrer ce phénomène?

Des interrogations auxquelles a voulu répondre, le sous-directeur de la direction générale des industries mécaniques et métallurgiques, Sami Boufares, lors d’une rencontre périodique de la cellule d’information du Premier ministère, le mardi 28 aout 2012.

 Le responsable du ministère de l’industrie a affirmé que les plaintes parvenues des professionnels du secteur, contre le trafic illégal de fer de construction en provenance de l’Algérie, sont nombreuses et révèlent la menace continue sur la pérennité d’un grand nombre d’usines en Tunisie et par conséquent fragilise l’économie tunisienne.

La preuve en est, selon le sous-directeur des industries mécaniques et métallurgiques, que les quantités de fer de construction vendues sur le marché local ont régressé pour  atteindre environ 428 mille tonnes, en 2011, contre 485 mille tonnes en 2010, soit une baisse de l’ordre de 16,6%.

« Les quantités de fer vendues ont baissé davantage au cours des six premiers mois de 2012, enregistrant un taux de régression de près de 40% », a-t-il précisé, tout en ajoutant que ce matériel de construction est non-conforme aux standards techniques en vigueur et représente un danger au niveau de la construction et du bâtiment. Ce qui explique la différence entre les prix de vente de ce matériel de construction en Tunisie et ceux appliqués dans les pays voisins et la prolifération de ce phénomène.

En Tunisie, l’importation des barres de fer de construction est réglementée contrairement aux pays voisins, notamment l’Algérie, où cette opération est libre et n’est soumise à aucune autorisation.

Sur les mesures, qui devraient être draconiennes pour mettre fin à ce trafic, Sami Boufares a précisé que «  le ministère projette de créer une nouvelle usine à Kairouan. Cette usine va permettre de produire 300 mille tonnes d’acier. Et  2200 postes d’emploi d’une manière directe  et 7000 autres indirects ».

Tout comme il a l’intention d’amender les prix du fer de construction en Tunisie, faisant remarquer que les prix sur les marchés internationaux ont enregistré, au cours des dernières années une hausse, passant de 450 dollars à 730 dollars la tonne. C’est cette évolution des prix qui a poussé les autorités de tutelle à augmenter à deux reprises (7 et 9%) les prix de fer de construction en Tunisie.
Ainsi, « lutter contre ce marché illégal de fer de construction, qui affecte l’économie, devient une urgence » a souligné le représentant du ministère de l’Industrie.

Il faut dire que les parties concernées s’attellent actuellement à élaborer une série de réformes du secteur et que le ministère traîne dans les propositions à transmettre auprès du conseil ministériel.

En revanche, c’est surtout au tunisien de faire preuve de citoyenneté et de boycotter l’achat illégal de ce matériel de construction.

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