34 dossiers de corruption mis à l’index

« Sur 40 dossiers de corruption administrative et financière, ouverts depuis le 1er janvier jusqu’au 20 de ce mois d’aout 2012, 34 dossiers ont été tranchés et les procédures juridiques nécessaires enclenchées » vient d’annoncer le ministre de l’Agriculture, Mohamed Ben Salem, lors d’un point de presse périodique avec les médias, tenu jeudi 23 aout 2012 à la Kasbah.

Ces dossiers comporteraient toutes les formes d’abus dans plusieurs structures locales et régionales du département de l’Agriculture. Dans ce sens, le ministre  a révélé que, depuis l’année 2006, environ de 800 mille DT ont été détournés hors du budget de l’Institut national des recherches en génie rural, eau et forêts, sous l’ancienne direction générale de Mohamed Najib Rjab.

Ce montant,  qui n’est pas passé par les canaux officiels à défaut de factures, était destiné à la réalisation de 12 projets de recherche, dans des entreprises publiques.

D’autres dépassements ont été enregistrés sous la même ancienne direction de l’Institut. Citons le cas de plusieurs personnes qui n’appartiennent pas à l’Institut et qui ont pu bénéficier d’avantages de la part de ce dernier (voyages à l’étranger et équipements divers) outre un contractuel (le fils de l’ancien directeur général de l’Institut) qui a été embauché, sans respect des règlements en vigueur.

 « Sans oublier, des avances et des primes octroyées à plusieurs agents de l’Institut, sur le compte de ces projets, en tant qu’heures supplémentaires. Ces montants ont été décaissés par des personnes qui n’ont pas la qualité de comptable » a affirmé Ben Salem, tout en évoquant le cas des personnes qui ont exploité la subvention que l’Etat accorde aux agriculteurs, en procédant à une revente du blé importé et subventionné par l’Office des céréales à un prix avoisinant les 60 dinars le quintal après l’avoir acheté à seulement 28 dinars.

 Autant de dépassements et d’agissements, qualifiés par le ministre d’« irresponsables » soumis à l’examen d’une commission spéciale et qui nécessitent des mesures draconiennes pouvant les éradiquer définitivement.

D’autres abus ont déjà été mis sur la sellette. La création d’un périmètre irrigué, sans motif légal, spécialement pour l’une des sœurs de l’épouse du président déchu (Nefissa Trabelssi) – d’une somme de 416 mille dinars et dont l’Etat a pris en charge jusqu’à présent 291 mille dinars, au détriment d’un périmètre propriété d’un groupe d’agriculteurs – est un dossier en cours d’examen par le procureur de la République pour l’ouverture d’une enquête sur « la possibilité que l’ancien ministre de l’Agriculture, Habib Haddad, ait tiré profit de son poste pour son propre compte et pour le compte d’autrui, en ruinant l’administration ».

 Du côté de l’Agence foncière agricole, les nominations illégales dans certaines fonctions, en vertu desquelles 17 fonctionnaires ont bénéficié d’avantages financiers sans en avoir le droit, ont été dénoncées par le même ministre actuel. Il en est résulté des pertes de l’ordre de 111 mille dinars pour l’Agence. Ce dossier serait également transmis, dans les plus brefs délais, au conseil de discipline et au procureur de la République.

Plusieurs commissariats régionaux au développement agricole ont été, également, examinés au peigne fin pour enregistrer des infractions, telles que l’usage illégal des véhicules de l’administration et la manipulation des marchés publics. Et par conséquent des opérations de contrôle  sont en cours.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here