Jusqu’à quand le retard dans les préparatifs?

Budget 2013

En marge d’une table ronde consacrée au budget de l’Etat 2013, organisée par l’Association des économistes tunisiens (Asectu), en partenariat avec la fondation allemande Hanns Seidel, les économistes présents ont été unanimes sur la persistance d’un manque de transparence en matière de recettes et de dépenses de l’Etat, ainsi que sur le retard enregistré au niveau des préparatifs du budget de l’Etat 2013, qui auraient dû être, selon eux, entamés depuis juin dernier sur la base d’estimations et de prévisions concernant les besoins en ressources financières des divers départements ministériels.

« Ce retard est imputé à l’absence de coordination entre le ministère des Finances et celui du Développement régional et de la planification », a déclaré Abdelmalek Saâdaoui, directeur général des Ressources et des équilibres.

Dans ce cadre, le responsable a préconisé une meilleure coopération entre les deux départements, car la loi de finances doit être, selon lui, cohérente avec le budget économique. Il a, également, suggéré le regroupement des trois départements des Finances, du Développement régional et de la planification et celui de l’Investissement et de la coopération internationale, et ce, pour faciliter leurs tâches et aboutir à des projets de budgets cohérents et fiables.

Sur le plan des dépenses de l’Etat, notamment celles liées aux subventions de certains produits de base, Faouzia Saied, présidente de la commission générale du Budget, a signalé que l’enveloppe consacrée aux subventions ne cesse de peser sur le budget de l’Etat, la raison étant entre autres purement électoraliste, approuvée et appuyée par la « Troïka ».

Cette enveloppe concerne essentiellement les subventions des produits de base, en particulier les céréales et les huiles végétales, subventionnées à hauteur de 1.200 millions de dinars et les hydrocarbures aux alentours de 3.500 millions de dinars.

Afin d’alléger la pression sur les caisses de l’Etat, « la solution serait de remplacer la compensation, qui profite à l’ensemble de la population, y compris la classe aisée, ainsi qu’aux étrangers résidents en Tunisie, par un programme d’accompagnement et de soutien destiné, uniquement, aux familles à faible et à moyen revenu », a déclaré Mme Saied, ajoutant que ceci nécessitera l’établissement d’une base de données fiables pour assurer un meilleur ciblage des bénéficiaires et, par conséquent, une meilleure allocation des ressources à la population la plus vulnérable.

Le problème du surendettement chronique dont souffre la Tunisie a été, également, évoqué. Toutefois, en 2011, la dette du pays avoisinait les 28,8 milliards de dinars, soit un taux d’endettement de 44,5% du Pib. « Le but recherché par le Gouvernement étant de couvrir, graduellement, la dette extérieure par la dette intérieure», a indiqué Jamel Belhaj, Pdg de la Caisse des dépôts et consignations. En outre, « il est extrêmement difficile, voire impossible, aujourd’hui, de mobiliser des ressources internes, d’autant plus que le déficit courant de la balance des paiements ne cesse d’augmenter, il avoisinera les 10% d’ici la fin 2012 selon les prévisions, à cause de l’augmentation de la demande sur les produits importés», a-t-il mentionné.

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