Cessions des parts saisies de deux sociétés de Sakher El Materi

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Deux appels d’offres internationaux seront lancés ce vendredi 27 juillet, a annoncé le secrétaire d’Etat aux Finances, Selim Besbes, lors d’un point de presse, organisé jeudi 26 juillet 2012 à la Bourse de Tunis.

Le premier appel d’offre portera sur la cession de 25% du capital de Tunisiana et sera ouvert aux seuls groupes financiers, aux sociétés de placement collectif, aux établissements financiers, aux fonds souverains et aux fonds d’investissement; la date limite de dépôt des offres étant fixée au 2 novembre 2012, a précisé le secrétaire d’Etat aux finances.

La société qatarie Qatar Telecom (Qtel), qui détient75% du capital de Tunisiana, sera écartée de la participation à l’appel d’offre. Tunisiana, premier opérateur privé en Tunisie,  représente 54,4% de parts de marché aux côtés de l’opérateur historique Tunisie Telecom et d’Orange.

Reste que, l’Etat tunisien ne touchera pas le jackpot dans cette cession, puisque la part principale des 25% de Tunisiana, qu’a achetée Sakher El Materi (via Zitouna Télécom) a été réalisée à crédit.

En effet, ces 25% des parts à céder avaient été acquises par Sakher El Materi, gendre du président déchu – réfugié au Qatar – moyennant des crédits bancaires, dont 365 millions de dollars auprès de l’Arab Banking Corporation, le reste ayant été déboursé par des banques publiques tunisiennes, a indiqué M. Besbes, tout en ajoutant que le reliquat de financement était assuré par un certain nombre de banques tunisiennes publiques. Ainsi, ces dettes et tous les investissements supplémentaires réalisés au sein de la société, dont la licence 3G et le service de téléphone mobile… vont être inclus dans la valeur de cession.

La Banque européenne de développement (Berd) et l’International Finance Group (Ifc), deux organismes internationaux, sont déjà intéressés à cette acquisition.

Quant à l’appel d’offre pour la cession des parts de l’Etat au capital de la société automobile  «Ennakl » (59%), ex propriété du gendre du président déchu, confisquée le 30 juillet 2012 et également concessionnaire de Porsche et Seat, cette opération s’avère plus compliquée, dans la mesure où la société dépend du partenaire étranger, Volkswagen. D’autant plus que la société est cotée en bourse et obéit à la réglementation en vigueur en matière des sociétés commerciales qui interdit la cession à plus de 49% à des étrangers. Comme le secteur n’est pas libre, l’acheteur doit par conséquent être Tunisien, mais il peut s’allier à des consortiums étrangers.

Habib Karaouli, Pdg de la Banque d’affaires de Tunisie, présent au point de presse a souligné qu’aucun concessionnaire tunisien concurrent à Ennakl ne pourra acheter ces parts pour deux raisons: la première est que la législation tunisienne interdit les concentrations. Ennakl possédant déjà 20% de parts de marché, si un concurrent entre dans son capital, il se trouvera avec des parts de marché supérieures au seuil fixé par la loi (30%) ce qui le met d’office dans l’illégalité. Pour ce qui est de la deuxième raison: Volkswagen refuse catégoriquement qu’un représentant d’une autre marque entre dans le capital d’Ennakl. Le  Pdg de la Banque d’affaires de Tunisie a aussi précisé que le deuxième appel d’offre assurera la pérennité d’Ennakl et son essor, du moment que ses conditions rassureraient l’investisseur, le fournisseur principal, le personnel d’Ennakl et les actionnaires en bourse.

L’opération comportera, ainsi, deux volets – technique (choix de l’investisseur ayant les caractéristiques techniques nécessaires) et financier – et devrait être finalisée au cours du mois de décembre 2012, selon M. Besbes. Sans oublier qu’une cession partielle des parts de l’Etat au sein de ces entreprises, sous forme d’actions en bourse, est prévue par les observateurs.

De ce fait, deux des meilleures entreprises saisies sur les six seront cédées cette année. Avant la fin 2012, selon le même responsable, on lancera les procédures de cession de 99% de City Cars (concessionnaire de Kia), de 13% de la Banque de Tunisie, de 37% de Carthage Cement et de 100% de l’International School of Carthage.

Trois cents entreprises actives, dans divers secteurs économiques, ont été recensées par une commission de gestion des fonds et des biens saisis après la chute de Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011.

 

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