Nomination hautement controversée

chedly ayari

Avec 96 voix pour, 87 contre et 7 abstentions, Chedly Ayari, a été nommé nouveau gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (Bct) à la suite de la révocation injustifiée de Mustapha Kamel Nabli.

Une nomination qui n’a pas été facilement approuvée, au terme d’une polémique allant même à un échange  d’accusations et d’injures entre députés d’Ennahdha et des constituants représentants d’autres partis, lors d’une séance plénière tenue mardi 24 juillet après midi, à l’Assemblée nationale constituante (Anc). Le débat initié à l’occasion de cette approbation a été tenu dans un climat tendu entre la majorité (Troïka) et l’opposition avec ses différentes composantes. Le nouveau gouverneur de la Bct  est si controversé qu’il suscite plusieurs interrogations.

Est-il vraiment une figure de l’ancien régime? Selon Samia Abbou, du Congrès pour la République, «il n’est pas question de voter pour l’un des symboles de l’ancien régime et l’un des « Mounachidines» de Ben Ali pour les élections de 2014 et la simple présence de M. Ayari au sein de la Constituante est une insulte pour la Révolution tunisienne et ses martyrs ».

Or, légère rectification Chedly Ayari, ancien ministre de l’économie du président  Habib Bourguiba,  n’a pas signé un appel en faveur de la candidature du président déchu, Ben Ali, en 2014. En revanche, il a signé un article de trois pages, dans un livre de 400 pages, sur les réalisations de l’ère Ben Ali pour les comparer à celles des décennies précédentes. Il a été nommé à la Chambre des Conseillers en remplacement de feu Jaafar Majed sur la liste des compétences au sein de l’institution.

ayari

M. Ayari, âgé de 79 ans,  a-t-il de réelles compétences pour diriger au mieux l’institution si complexe de la Banque centrale tunisienne? Il faut mettre à son crédit que le nouveau gouverneur de la Bct, même s’il s’est éloigné du monde des finances depuis prés de 20 ans,  a dirigé la Banque arabe de développement économique pour l’Afrique.

Il est vrai aussi que, Chedly Ayari, dans son intervention en début de séance plénière du mardi 24 juillet, a mis l’accent sur  la nécessité de consacrer le principe de l’indépendance de la Bct, loin des tiraillements politiques, mais aussi d’établir des ponts solides avec l’exécutif et l’Anc, de soumettre les institutions bancaires et financières à une réforme et à un contrôle continu et de lutter par tous les moyens contre l’inflation, appelant à la convertibilité totale du dinar tunisien.

Reste qu’un véritable programme, pour améliorer le rendu de la Bct et rassurer tout le monde, fait défaut dans son intervention. Ce qui aiguise l’incertitude sur l’avenir de la politique monétaire du pays.

Quant à la question de sa capacité à assurer l’indépendance de la Bct, et selon plusieurs membres de l’Anc, M. Ayari a servi les régimes de Bourguiba et de Ben Ali et ne fera qu’exécuter les ordres du Gouvernement et du parti  au pouvoir.  Khémaïes Kessila, du parti d’Ettakatol, a bien affirmé que  « Chedly Ayari sera conciliant avec l’exécutif tunisien ».

D’autres opposants sont même allés plus loin en prévoyant que la nomination du nouveau gouverneur de la Bct aura un impact négatif sur la note souveraine du pays, sans compter qu’elle nuira à la crédibilité de la Banque centrale et représentera un signe négatif pour les investisseurs.

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