L’emploi des jeunes au centre des préoccupations de l’OCDE

Perspectives économiques africaines

La nécessité d’une véritable mutation structurelle de l’économie en Afrique du Nord, ne passe pas uniquement par la  diversification des  secteurs, mais surtout par la promotion de l’initiative privée et du partenariat, sans oublier la lutte contre l’entrave majeure au développement qui est  la corruption. Ce sont les principales recommandations du secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde), M. Angel Gurria, lors d’une conférence régionale, qui a eu lieu lundi 16 juillet à Tunis et a porté sur le  thème  « promouvoir l’emploi des jeunes en Afrique du Nord».

L’objectif de cette rencontre africaine est de présenter le rapport annuel sur les Perspectives  économiques en Afrique (Pea), élaboré conjointement par la Banque africaine de développement, le Centre de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde), le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (Cea).

Ce rapport, dans son analyse de la performance économique des pays africains, a révélé que la croissance du continent a ralenti en 2011, avec un  taux de croissance moyen de l’Afrique  établi à 3,4% en 2011 contre 5% en 2010, principalement en raison des événements politiques survenus en Afrique du Nord, dont la croissance n’a été que de 0,5% en 2011. Avec la reprise progressive des économies d’Afrique du Nord, la croissance moyenne devrait rebondir pour atteindre 4,5% en 2012 et 4,8% en 2013. Cependant, de grandes incertitudes pèsent sur le continent. Puisqu’en raison du ralentissement économique qui persiste en Europe, la demande des produits africains pourrait diminuer tout comme le flux des ressources extérieures, dont notamment les envois de fonds des migrants.

Vers  des mesures favorables aux jeunes chômeurs

Concernant le thème des Pea 2012  « Perspectives d’emploi des jeunes », le directeur du centre de développement de l’Ocde, M. Mario Pezzini, a signalé que malgré la croissance enregistrée en Afrique du Nord ces dix dernières années, la création de l’emploi dans ces pays est encore insuffisante et le taux de chômage en Afrique du Nord est de 23% en 2012 et pourrait atteindre 44%.

Selon M. Pezzini, « c’est par la création de nouvelles entreprises et l’instauration de mesures spécifiques favorables aux jeunes  que l’inadéquation entre les compétences exigées par les employeurs et les qualifications acquises par les jeunes pourrait être palliée »; sachant que le taux de chômage en Tunisie (30%) dépasse les moyennes internationales.

C’est dans ce sens, que le ministre de la Formation professionnelle et de l’emploi, M. Abdelwahab Maâtar a, dés l’ouverture de la conférence, mis l’accent sur l’impératif de réviser la politique de l’emploi adoptée, de mettre en place un système fiscal conforme aux exigences actuelles de l’emploi et d’accorder une importance majeure à la formation professionnelle, facteur déterminant pour l’emploi.

D’autant plus qu’élaborer un nouveau plan de développement, qui pourrait diffuser la culture du travail, revoir le système éducatif, restructurer les services de l’éducation publique et rapprocher le niveau de rémunération entre le public et le privé, serait sans aucun doute un défi à relever.

La présidente de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), Mme Wided Bouchamaoui, présente à cette conférence, est du même avis, appelant à la nécessité d’élaborer un plan national qui détermine les métiers innovants, la formation des jeunes et la quête de nouveaux marchés maghrébins et africains. Encore du chemin à faire.

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