Les loueurs tunisiens

En dépit des commentaires relativement encourageants de l’agence de notation Fitch Ratings, les loueurs tunisiens ont terminé la semaine sur une note négative (-0,16%), dans un marché globalement haussier (+0,67% pour l’indice vedette de la place de Tunis). Depuis le début de l’année, la tendance est également  baissière (-6,96%).

Au cours de cette semaine, l’agence de notation a confirmé les notes de trois compagnies de leasing dont deux sont couvertes par AlphaMena: Modern Leasing (Achat, Tunisie) et Attijari Leasing (Vente, Tunisie). Dans leur rapport, les analystes de Fitch ont mis l’accent sur la capacité des principaux actionnaires à soutenir ces compagnies de leasing qui sont adossées à deux banques de la place BH (Achat, Tunisie) pour Modern Leasing et Attijari Bank (Vente, Tunisie) (directement) et Attijariwafa Bank (Accumuler, Maroc) (indirectement). Quoique, pour l’agence de notation, la probabilité de soutien pour le moment reste modérée pour la filiale de la BH et limitée pour la filiale d’Attijari Bank.

Depuis la révolution du mois de janvier 2011, les compagnies de leasing ont fortement souffert de la dégradation de l’activité économique dans le pays et de l’assèchement de la liquidité. D’ailleurs, le secteur a perdu plus de 10,4% sur la dernière année, alors que les loueurs avaient gagné plus de 56% sur les trois dernières années tirant profit d’une économie qui affichait tout de même des taux e croissance relativement satisfaisants. La corrélation accentuée avec l’activité économique (plus que la banque du moins plus rapidement) est logique au vu du modèle économique de la Tunisie basée sur les industries légères (les Pme). Par ailleurs, avec l’effondrement du niveau de liquidité sur le marché monétaire a rendu l’accès au financement plus difficile. Même le recul des émissions obligataires, où les loueurs sont les principaux acteurs, est lié à l’assèchement de la liquidité sur le marché interbancaire, puisque les banques tunisiennes sont les premiers bailleurs de fonds.

Les loueurs tunisiens (6 valeurs pour une capitalisation boursière de 0,532 MdsTND) se paient 14,6x leurs bénéfices 2012, soutenus par une croissance des BPA encore, à nos yeux, insuffisante à 17,3%, après la chute de 27,2% en 2011. Nos analystes semblent encore se méfier de la vigueur de la reprise de l’économie tunisienne et donc le momentum des bénéfices des loueurs est toujours négatif (la croissance des BPA 2012 était à 40% au début du mois d’avril). Pareil, le momentum des cours est défavorable, un sentiment qui entoure l’ensemble des valeurs financières puisque les investisseurs estiment que le retour vers les financières n’est pas encore à l’ordre du jour. Cette abstention des investisseurs envers les loueurs se justifie également par un potentiel fondamental presque nul (+0,81%).

DI2

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here