Les doigts accusateurs se lèvent au risque d’aggraver la situation

meublatex siège

L’affaire du groupe Meublatex a été abondamment soulevée depuis le 24 du mois de mai dernier entre revendications, vaines négociations et grève. Une kyrielle d’accusations fleurissent entre l’UGTT et Meublatex, au risque d’aggraver la situation.

Passer outre n’est plus possible, face à la nécessité de clarifier la situation, pour la bonne gouverne de plusieurs.

Ainsi, tirer les choses bien au clair quant au conflit entre les syndicalistes et la direction de l’entreprise Meublatex et à l’évolution de la situation, a été l’objectif de la conférence, qui a eu lieu  le 4 juillet à Tunis, avec trois cadres supérieurs chargés des ressources humaines et des affaires juridiques dans le groupe : Sofiane Tlili, Khaled Bouguerra – tous les deux conseillers juridiques – et Hamdi Hessan, responsable au département des Ressources Humaines, désignés porte-parole de Meublatex. Ces responsables n’ont pas tardé à étaler longuement les innombrables privilèges et les conditions sociales favorables des employés (crédits sans intérêts, conventions bancaires, transport, assurance de vie, etc).

Quant au sujet du conflit – qui date de la première réunion du 24 juin précédent, entre les représentants de la direction et les syndicalistes, jusqu’à la grève des 18,19 et 20 juin – les responsables ont voulu mettre les points sur les « i ». Meublatex a dû «  faire face à des pertes directes et apparentes, suite à l’arrêt récent de l’activité, pour un coût de près de 20 millions de dinars », selon les responsables du groupe.

Et pour cause, « aucun problème de fond n’existe entre l’administration et ses employés, mis à part quelques revendications syndicales banales », selon les porte-parole de l’entreprise. Ils affirment que les revendications  sont « juste »  en rapport avec la tenue de travail pour les employés des points de vente et les heures supplémentaires; de plus « les employés ont exigé le remboursement des huit heures de plus qu’ils travaillent par semaine, sachant que la loi impose 40h de travail par semaine ».

Le conseiller juridique, Khaled Bouguerra, a également souligné que la discussion avec les syndicalistes s’est gravement envenimée à partir du 3 juin par la politisation de l’affaire par les syndicalistes de l’Ugtt.

« Le groupe de Meublatex  est ainsi  victime de toute une campagne de dénigrement colportée par des parties malintentionnées, qui veulent uniquement nuire à l’image de marque de ses sociétés, ainsi qu’à celle de son fondateur ». Voilà la version de la direction de Meublatex. Les responsables de la GRH accusent les syndicalistes de règlement de comptes personnels, allant même jusqu’à parler de l’existence d’un agenda politique de déstabilisation; cependant ils n’ont pas voulu révéler l’identité de toutes les parties impliquées. D’autant plus que, les porte-parole de l’entreprise Meublatex ont démenti l’implication du groupe dans la mort « naturelle » d’un employé, ce qui n’est pas du même avis de Houcine Abbassi de l’Ugtt, qui a souligné que la mort de cet employé résulte, en effet, de l’annonce de son licenciement, tout en expliquant qu’il détient des preuves tangibles confirmant l’information.

Sur cela, l’Ugtt a une toute une autre version de l’histoire. En effet, la commission administrative de l’Union régionale du travail de Sousse, lors d’une réunion extraordinaire tenue, mardi 3 juillet 2012, a  déjà annoncé qu’une grève générale à Sousse sera observée afin de soutenir les ouvriers licenciés de Meublatex.

Mustapha M’taouaâ, secrétaire général de l’Union régionale à Sousse, a souligné que «l’union intentera un procès contre le propriétaire de la société Meublatex pour abus, attaques contre les syndicalistes et leur licenciement, ainsi que pour incitation des ouvriers à quitter l’organisation syndicale». Tout en promettant une éventuelle création d’un fonds de soutien financier au profit des ouvriers licenciés qui sont, selon la Fédération générale des métiers et services relevant de l’Ugtt, estimés à 800. Or, selon les porte-parole du groupe Meublatex, ces licenciés ne sont qu’au nombre de 60 ouvriers, renvoyés pour faute grave.

Finalement, l’Ugtt menace d’organiser, le samedi prochain, un grand rassemblement ouvrier devant le siège du gouvernorat de Sousse. Ce rassemblement aura pour objectif de faire pression sur les autorités régionales et nationales, afin de prendre une position pragmatique vis-à-vis des agissements du propriétaire de Meublatex.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here