L’Administration, un géant aux pieds d’argile

Les promotions, les fonctions, les plans de carrières, la formation, l’allègement des mesures de contrôle des services et  la stratégie de modernisation de la fonction publique, tout un véritable chantier auquel Mohamed Abbou, ministre de la Réforme administrative décide de s’attaquer.

Lui-même semble bien résolu à avancer et, mardi 26 juin 2012, lors du lancement du congrès national sur la modernisation de la fonction publique, il a déclaré: « nous n’allons pas attendre l’élaboration  de la nouvelle Constitution pour améliorer la gouvernance administrative, nous allons procéder à réformer ce qui est possible de l’être durant le mandat de ce Gouvernement ».

A l’initiative des services du ministre chargé de la Réforme administrative, plusieurs questions complexes et ardues seront abordées au cours des travaux du congrès qui se tient les 26 et 27 juin et déboucheront sur des recommandations pratiques qui devraient être prises en considération lors de l’élaboration de la loi relative à la Réforme de la fonction publique.

Tout en mettant l’accent sur plusieurs lacunes de certains textes réglementaires portant sur l’organisation de la fonction publique, Mohammed Abbou réitère l’engagement du Gouvernement à amender la loi relative à la fonction publique de 1983 et les textes réglementaires y afférents.

Il s’agit d’un impératif de rénover  les prestations rendues par les établissements publics. La modernisation du recrutement  fait partie du contexte de révision globale et « ne doit plus dépendre du pouvoir discrétionnaire du ministre, ce qui implique des risques pour que le choix porté sur le futur commis de l’Etat dépende d’appartenance partisane ou de sympathie personnelle ». De plus, le ministre en charge de la Réforme administrative  a promis que les procédures de participation aux concours publics se feront dans la transparence et dans le respect des droits des uns et des autres.

Dans une Tunisie, où « la dictature ayant disparu, on doit accorder plus d’importance à la gestion administrative pour plus d’efficience, les formalités administratives devraient être simplifiées en particulier concernant les investisseurs, sans oublier les compétences à améliorer au moyen de formations et de recyclage ». Par ailleurs, il est aussi souhaitable que le renouvellement des conventions des contractuels se fasse au niveau des ministères concernés et ne soit plus soumis à l’approbation du Premier ministère: « 4.500 maîtres-assistants se verront renouveler leurs contrats cette année » a révélé M. Abbou.

Tous  pour une métamorphose  administrative

Abbou  et son équipe comptent, dans le programme de la réforme,  « sérieusement » examiner les différentes propositions qui seront soumises par les participants à la conférence et qui représentent toutes les parties prenantes de l’Administration publique, ainsi que les partenaires représentants de la société civile.

Les droits syndicaux sont aussi à respecter, tout en tenant compte des spécificités et des contraintes  de la fonction publique, a assuré le ministre à l’adresse du secrétaire général de l’Ugtt, Hassine Abassi, présent à l’ouverture de la conférence et qui s’est dit convaincu que la réforme administrative et la modernisation de la fonction publique « sont des dossiers épineux, en raison des exactions d’un Etat corrompu et d’une approche tronquée dans la vision du service public.

M. Houssine Abbassi a insisté que dans « la Tunisie d’aujourd’hui, l’approche participative que prône le Gouvernement et que nous défendons tous, nous impose avant d’adopter des décisions qui engagent notre pays d’en débattre ensemble». Plus terre à terre, le secrétaire général de l’Ugtt  a rappelé l’adoption sans réserve par la Tunisie des conventions sectorielles 154, 144, 151, tout en mettant l’accent sur la formation et le recyclage des agents publics, ainsi que leurs rétributions, pour épargner la corruption et les mauvaises pratiques.

Ainsi, le représentant de l’Ugtt a assuré que la modernisation de la fonction publique nécessite une révision du statut de ses agents et l’accélération de la mise en place des structures des différents corps.

Reste que l’appel à plus d’efficience et au renforcement de la neutralité de l’administration pour une gouvernance administrative meilleure a été le souci de bien des ministres et des gouvernements qui se sont succédés en Tunisie. Il faut aussi dire que ce congrès national sur la modernisation de la fonction publique n’est pas le premier en son genre, sans que l’Administration ait changé.

Dans ce délai qui semble un peu court pour des réformes radicales et profondes, le ministre de la Réforme administrative, si déterminé soit-il et secondé par son équipe et des partenaires de la société civile, serait-il capable de réaliser ce que bien de ses prédécesseurs ne sont pas parvenus à faire? Une révolution Administrative.

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