Le Frère musulman Mohamed Morsi président de l’Egypte

Mohamed Morsi, candidat des Frères musulmans, a été déclaré, dimanche 24 juin 2012, vainqueur de l’élection présidentielle en Égypte. Il est le premier islamiste à parvenir à la tête de l’Egypte. Morsi a obtenu 13,2 millions de voix, contre 12,3 millions à son rival Ahmad Chafiq, ultime Premier ministre d’Hosni Moubarak, selon les résultats annoncés par le président de la commission électorale, Farouk Soltan. Le  taux de participation  s’est élevé à 51 % pour le second tour de cette présidentielle, qui s’est tenue les 16 et 17 juin, contre 46% lors du premier tour les 23 et 24 mai.

Ingénieur de 60 ans et diplômé d’une université américaine, Mohamed Morsi est le premier président élu depuis la chute de M. Moubarak, contraint à la démission par une révolte populaire en février 2011. La victoire de l’islamiste Morsi a été saluée par une explosion de joie place Tahrir au Caire. Les manifestants réunis sur cette place, épicentre de la révolte qui a chassé du pouvoir Hosni Moubarak début 2011, scandaient «Allah akbar» «Dieu est le plus grand», en brandissant des drapeaux et des portraits du candidat islamiste. Les manifestants ont également lancé des feux d’artifice. Cette victoire est également saluée par le chef du pouvoir militaire qui a félicité le nouveau président et a promis de remettre, avant le 30 juin, le pouvoir exécutif au nouveau chef de l’Etat issu de l’élection présidentielle.

Le peuple égyptien en joie sur la place Ettahrir

Le nouveau élu a rendu hommage dimanche, peu après l’annonce de sa victoire, à l’armée et la justice  pour avoir assuré le bon déroulement de la présidentielle. « Je rends un hommage particulier à la justice en Egypte, aux forces armées et de la police pour avoir protégé le processus démocratique», a dit M. Morsi.

Si le président islamiste est fort d’une légitimité populaire, il reste qu’il disposera d’une marge de manœuvre très réduite face au Conseil militaire, aux commandes du pays, puisque l’armée a récupéré le pouvoir législatif après la dissolution mi-juin de l’Assemblée, contrôlée par les islamistes, suite à un jugement déclarant illégal le mode de scrutin.

Ainsi, toute réforme restera donc en suspens, jusqu’à l’élection d’une nouvelle Chambre des députés à une date non précisée, soumise au contrôle des militaires. De plus, l’armée garde un droit de regard sur la rédaction de la future Constitution, ainsi que des prérogatives importantes en matière de sécurité et de maintien de l’ordre dans ce pays de quelque 82 millions d’habitants.

D’autre part, et selon la télévision publique, l’Eglise copte orthodoxe d’Egypte a félicité le président élu. Le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza, a de son côté salué la victoire « historique » du nouveau président, y voyant un « revers » pour ceux qui tentent de coopérer avec « l’ennemi » israélien. Quant à Israël, la tonalité était, sans surprise, radicalement différente, mais l’Etat hébreu a reconnu le résultat de l’élection. Israël a ainsi salué le processus démocratique en Egypte  et respecte l’issue de l’élection présidentielle dans ce pays.

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