Attaques tous azimuts de salafistes

Avec communiqué

Dans la nuit de lundi 11 à mardi 12 juin 2012, des échauffourées ont éclaté à Tunis et dans différentes régions du pays. Des groupes de salafistes ont pris d’assaut des institutions représentatives de l’Etat, notamment des postes de police au Kram et La Marsa.

Dans  les locaux de la police judiciaire à la Marsa tous les documents et le matériel informatique ont été pillés et incendiés. Seul le tribunal cantonal de Carthage-Byrsa a été épargné contrairement aux rumeurs qui circulent.

Amor Ben Mansour, procureur de la République près le tribunal de première instance de Tunis II à Essijoumi, a indiqué mardi qu’un groupe de “hors-la-loi” a assailli et incendié la nuit dernière le siège du tribunal et brûlé plusieurs autres bureaux ainsi que la salle d’audience n°2 et les archives. Il a rendu hommage aux habitants de Sidi Hassine qui ont tenté de stopper les assaillants pour protéger le tribunal de la destruction et de l’incendie.

Une unité s’est rendue sur place et des affrontements ont éclaté avec les assaillants qui étaient armés de sabres, de gourdins et de cocktails Molotov. La police aurait répliqué par des jets de gaz lacrymogène, spécifiant que les affrontements se sont poursuivis jusqu’à l’aube. Le groupe de malfaiteurs a mis le feu à un camion de pompiers qui tentait d’éteindre l’incendie, a cassé 2 voitures de police et a blessé 5 policiers. Les forces de l’ordre auraient arrêté 10 agresseurs, dont un à l’intérieur du tribunal.

Les assaillants sont constitués de salafistes et de repris de justice, a précisé une source sécuritaire, indiquant que l’unité de police judiciaire d’El Gorjani poursuit les interrogatoires. Des témoins oculaires ont affirmé avoir vécu “une nuit de l’horreur”, indiquant que “des groupes cagoulés brandissant des slogans salafistes ont bloqué les routes” et que “les affrontements avec la police se sont poursuivis jusqu’à la prière du Fajr”.

A la Manouba,  les mêmes scènes se sont répétées mardi matin à Douar Hicher  entre les forces de l’ordre et des groupes salafistes qui ont tenté d’incendier le poste de la  garde nationale. Là aussi, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les agresseurs qui ont également bloqué la principale route menant à Douar Hicher. Les affrontements se poursuivaient encore en début d’après-midi.

A l’Ariana, des groupes salafistes ont bloqué, mardi matin, la route de Bizerte au niveau de la cité El Intilaka et provoqué des affrontements avec les forces de l’ordre et des citoyens. Le trafic du métro léger et des bus en direction de la  cité El Intilaka a été paralysé. Cette décision a été prise, par les responsables des sociétés de transport, afin de préserver la sécurité des passagers, en attendant l’amélioration de la situation, a indiqué Mohamed Néjib Abedrabbou, délégué à la cité Ettadhamen.

Des forces de l’ordre et des unités de l’armée nationale ont été déployées aux alentours du poste de la garde nationale 2 mars de la cité Ettadhamen qui a été incendié dans la nuit du lundi par quelque 200 salafistes après des accrochages avec une dizaine d’agents de la garde nationale qui se sont retirés pour éviter le pire, dans une grande zone urbaine.

Dans les régions, à Jendouba, le rez-de-chaussée du siège de l’Union régionale du travail de Jendouba a été pris d’assaut et incendié, mardi, vers 2H00 du matin par des groupes salafistes, munis d’armes blanches et de cocktails Molotov. Ces groupes salafistes ont également incendié le siège du Mouvement des patriotes démocrates et ont tenté de mettre le feu aux locaux du Parti démocrate progressiste(PDP) et d’Ettakattol dans la région. Les forces de l’ordre et de la garde nationales ont eu recours au gaz lacrymogène et aux tirs de sommation pour disperser les agresseurs. Ces groupes salafistes ont renouvelé leurs tentatives d’agression, tôt le matin après la prière de sobh, en barrant la route devant la direction régionale de la protection civile et en mettant le feu à un camion transportant des boissons alcooliques.

Plusieurs membres de ces groupes ont pillé certains espaces commerciaux dans la région. Les forces de l’ordre ont arrêté plusieurs de ces assaillants qui, selon les premiers interrogatoires ont indiqué “avoir été payé par des salafistes pour commettre ces actes de destruction, afin de détourner l’attention des forces de sécurité et de leur ouvrir la voie pour l’exécution de leurs plans”, a-t-on appris auprès de responsables sécuritaires.
Les forces de l’ordre et de la garde nationale ainsi que les unités de l’armée nationale ont été déployés dans la ville de Jendouba et leur présence a été renforcée devant les sièges de souveraineté et de la poste.

La tension n’est toujours  pas retombée. Il convient de rappeler que ces actes de violence interviennent à la suite des évènements survenus lundi au palais d’El Ibdilia à la Marsa.

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